Kinshasa, le 25 mai 2025
Excellence,
Votre récente prise de position et vos déclarations tenues en date du 23 mai 2025 à 19:30’, heure de Kinshasa, sur la gouvernance actuelle nous obligent à une mise au point directe et sans ambiguïté. Vous qui avez dirigé la République Démocratique du Congo pendant près de deux décennies, Votre héritage politique est marqué par une gouvernance qui a érigé l’impunité en système, où les institutions ont été vidées de leur substance et où la répression a remplacé le dialogue.
Vous prétendez défendre les intérêts du peuple, mais c’est sous votre autorité que la corruption s’est institutionnalisée. Comment pouvez-vous accuser ceux
qui vous ont succédé alors qu’ils ne font que perpétuer les dérives que vous avez intentionnellement planté vous-même le décor?
I. Accession au pouvoir et premières dérives autoritaires (2001-2006)
Après votre arrivée au pouvoir en 2001, dans des circonstances exceptionnelles à la suite de l’assassinat de Mzée Laurent-Désiré Kabila, le peuple congolais
espérait un tournant démocratique. Pourtant, votre mandat a rapidement épousé les méthodes brutales et antidémocratiques du passé :
• Répression des mouvements sociaux et opposants politiques : De nombreux militants ont été arrêtés arbitrairement, torturés ou assassinés sous votre régime.
• Accaparement du pouvoir sans élection pendant cinq ans (2001-2006) :
Vous avez dirigé sans aucun mandat électoral, consolidant votre pouvoir
au détriment des institutions démocratiques.
II. La consolidation du pouvoir par la force et les crimes politiques (2007-
2016)
Votre règne s’est ensuite affirmé à travers des actes de violence institutionnalisés
et la répression des mouvements citoyens :
• Les massacres du Bas-Congo (2007) : Une répression brutale contre les
adeptes du Bundu dia Kongo, faisant des centaines de morts.
• L’assassinat de Floribert Chebeya (2010) : Ce défenseur des droits
humains a été exécuté dans des conditions qui ont choqué la communauté
internationale.
• Les violences électorales de 2011 : La contestation de votre réélection contestée a été réprimée dans le sang, avec des morts parmi les manifestants.
• Les tueries du Kasaï (2016 -2017) : Dans le cadre du conflit Kamuina Nsapu, des exécutions massives ont été commises par les forces de sécurité contre la population civile.
• La répression de l’avenue de l’Enseignement (2016) : Des étudiants et militants ont été massacrés pour avoir exigé la tenue des élections.
III. Manipulation du processus électoral et assassinats politiques (2016-
2018)
Le report illégal des élections présidentielles de 2016 a plongé le pays dans une crise de légitimité, aggravée par des assassinats ciblés contre les militants :
• L’assassinat de Rossy Mukendi (2018): Activiste pacifique tué par balle alors qu’il réclamait le respect de la Constitution.
• L’assassinat de Thérèse Kapangala (2018) : Aspirante religieuse, assassinée lors des marches organisées par le Comité Laïc de Coordination.
IV. Crimes économiques et détournements massifs des ressources du pays
La corruption et le pillage des ressources du Congo ont atteint leur apogée sous votre administration :
• Le scandale de la Gécamines : Plus de 400 millions de dollars détournés et jamais reversés au Trésor public.
• Les révélations de Congo Hold -up (2021) : Enquête prouvant des détournements massifs de fonds publics vers des sociétés privées contrôlées par votre famille.
• L’empire économique du clan Kabila: Acquisition frauduleuse de plus de 80 sociétés dans des secteurs clés (mines, télécommunications, immobilier).
V. Silence complice face aux agressions rwandaises et soupçons de trahison
Pendant que le pays subissait les attaques du AFC/M23 et des groupes armés financés par Kigali, vous avez gardé un silence complice qui renforce les doutes sur votre véritable allégeance. Plus grave encore, votre interview accordée au Sunday Times en Afrique du Sud le 23 février 2025, vous auriez affirmer que le Mouvement AFC/M23 représente les aspirations du peuple congolais comme pour se moquer des centaines des milieux des congolais massacrés.
On ne crache jamais sur la main qui t’a nourri
• Absence de condamnation officielle contre le Rwanda malgré des preuves de soutien aux groupes armés.
• Accusations sur votre nationalité douteuse: Votre arrivée en RDC avec l’AFDL soutenu par Kigali et vos relations privilégiées avec le régime rwandais posent des questions sur votre véritable attachement à la souveraineté congolaise.
VI. Votre revirement spectaculaire sur le Pacte social pour la paix et le Pacte citoyen
Votre soutien récent à la démarche des pères spirituels ECC – CENCO en faveur du Pacte social pour la paix suscite des interrogations légitimes.
Pendant votre gouvernance, les catholiques et les protestants ont dénoncé avec force vos méthodes brutales :
• Mgr Laurent MONSENGWO d’heureuse mémoire, alors archevêque de
Kinshasa, a qualifié votre régime de médiocre, appelant à une résistance
citoyenne.
• Le pasteur François-David EKOFO a publiquement déploré la situation du
pays sous votre autorité, soulignant la faillite économique et morale du
régime.
Votre sursaut patriotique autour du Pacte citoyen, articulé en 12 points, témoigne de votre engagement à un potentiel coup d’État et à une déstabilisation
des institutions légalement établies.
Les Congolais prennent ces menaces au sérieux, et les services compétents
prendront toutes les dispositions utiles pour prévenir toute tentative de retour au pouvoir par des moyens illégaux.
VII. Levée de votre immunité et poursuites judiciaires (2025)
L’ampleur des crimes de votre régime a conduit à des décisions historiques :
• Levée de votre immunité (2025) : Le Sénat congolais a voté pour des poursuites judiciaires contre vous pour crimes économiques et complicité avec des groupes armés.
• Ouverture d’enquêtes internationales sur votre implication dans le pillage des ressources et la déstabilisation du Congo.
Conclusion
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On ne crache jamais sur la main qui t’a nourri
Excellence, l’histoire retiendra que vous avez façonné un système où le
mensonge et l’impunité dominent. Il est temps d’assumer votre héritage plutôt
que de chercher à masquer vos propres erreurs.
Les Congolais ont définitivement rejeté l’idée de prise du pouvoir par les armes .
La seule voie légitime et consacrée par la Constitution demeure celle des
élections démocratiques.
Toute velléité de déstabilisation ou de menace à l’encontre des institutions
légalement établies vous expose à des sanctions judiciaires inévitables.
Le peuple congolais a suffisamment souffert. Jamais plus il ne tolérera les abus
et les crimes qui ont marqué votre règne.
Le peuple congolais veille.
Théodore LOFUNDO EKENDA
La voix de la majorité silencieuse


