Ce samedi 24 mai 2025, l’Université Protestante au Congo (UPC) a accueilli dans son grand auditoire la Master Class de Eloquence 360, un événement organisé en présence de Rody Zola, spécialiste en communication politique et institutionnelle, coach certifié et titulaire d’un master en théologie, a captivé l’auditoire avec une intervention aussi structurée que percutante, centrée sur l’essence même d’une prise de parole véritablement impactante.
Au-delà des mots : une communication incarnée

Rody Zola a ouvert son propos en rappelant une vérité trop souvent oubliée : seuls 7 % de l’impact d’un discours résident dans les mots.
Une statistique choc, qui remet en question bien des approches classiques de l’éloquence. Car pour lui, les mots ne suffisent pas, encore faut-il savoir les habiter.
Il insiste sur l’importance de la maîtrise de la langue, non seulement pour la clarté, mais aussi pour éviter que des erreurs de syntaxe ou de vocabulaire ne trahissent l’intention du discours.
Pourtant, le cœur de son message réside ailleurs : dans l’alignement entre la posture, la voix, et le regard.
La voix, le corps, le souffle : une trinité expressive

Selon Rody Zola, 55% resident plutôt dans la gestuelle, les mouvements. Ce que l’on ne dit pas. L’expression faciale, comment l’on tique.
Pour lui, il faut fixer son auditoire. Établir un contact visuel. Se connecter à l’autre pour s’offrir à son monde et faire évoluer votre communication.

Communication para-verbale 38% : Le ton, le rythme et l’intonation de la voix déterminent près de 38% de l’impact de notre message.
Il invite chacun à apprendre à respirer avec le diaphragme, pour poser sa voix et lui donner la stabilité nécessaire à une expression crédible et confiante.
Une structure rigoureuse, une parole inclusive

Citant Aristote, Rody Zola rappelle la nécessité d’un discours bien structuré : une introduction qui accroche, un développement logique, une conclusion mémorable.
Il souligne également l’importance de s’adresser à toutes les formes d’intelligence : logico-mathématique, linguistique, musicale, kinesthésique, spatio-visuelle, interpersonnelle, intrapersonnelle, naturaliste ou existentielle.

Chacun ayant besoin de repères différents pour se sentir concerné, il faut multiplier les supports : chiffres et pourcentages pour les logiciens, métaphores et histoires pour les littéraires, images et graphiques pour les visuels, exemples concrets pour les kinesthésiques, etc.
Pour cela, il a proposé trois lois simples mais puissantes :
– La loi de la précision : un seul objectif par discours, formulé en dix mots.
– La loi du miroir : aligner le langage corporel au message.
– La loi de l’écho : s’adapter au public à travers le code utilise et ses attentes.

Et il a recommandé trois méthodes efficaces à l’auditoire :
– PREP : Point – Raison – Exemple – Point.
– PPP : Problème – Proposition – Preuve.
– CAR : Contexte – Action – Résultat.
Une éloquence ancrée dans l’écoute et l’humilité

En conclusion, après une deuxième partie pratique de son intervention, Rody Zola a livré une phrase forte, qui a résonné dans l’auditoire comme une synthèse de son propos :
« Parler, c’est avant tout écouter, structurer, et incarner son message dans le corps et l’esprit de l’autre. »
Avec cette vision holistique de l’éloquence, il a transmis à la jeunesse congolaise bien plus que des techniques : une philosophie de la parole, faite de respect, de justesse et d’intention.

Un moment marquant de cette Master Class, qui a rappelé que la puissance de l’éloquence ne se mesure pas au nombre de mots, mais à leur capacité à faire naître des idées, éveiller les consciences, et porter le changement.
Lydia Mangala


