À l’occasion d’une allocution devant l’Organisation mondiale de la Santé, le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale de la RDC, Samuel Roger Kamba, a présenté, ce jeudi 22 mai 2025, les avancées majeures et les innovations portées par son gouvernement pour transformer un système de santé longtemps sous-financé et fragmenté.
Une Couverture Santé Universelle tournée vers les populations vulnérables

Depuis l’instauration de la Couverture Santé Universelle, plus de 2 millions de mères et 50 000 nouveau-nés ont bénéficié de soins gratuits dans les maternités et centres de santé publics.
Pour y parvenir, le ministère a redéployé ses ressources financières et humaines vers les zones rurales et périurbaines, en créant des équipes mobiles de santé maternelle et infantile et en réhabilitant plus de 150 structures sanitaires dégradées.
Le ministre Kamba a insisté sur le rôle de ces unités d’intervention rapide, qui assurent désormais un suivi pré et postnatal systématique, réduisant ainsi de façon significative la mortalité maternelle et néonatale.
Un fonds contributif pour pérenniser le financement

Fruit d’un dialogue tripartite conduit sous l’égide de l’Organisation internationale du Travail, le Fonds de Solidarité Santé entend réunir jusqu’à 1 milliard de dollars par an.
Alimenté par une cotisation modeste prélevée sur les salaires formels, complétée par un prélèvement volontaire des travailleurs indépendants, ce mécanisme garantit un financement durable sans dépendre exclusivement des bailleurs extérieurs.
Les contributions sont centralisées dans un compte géré conjointement par l’État, les organisations patronales et les syndicats. Elles servent à couvrir les frais de médicaments essentiels, à financer les campagnes de prévention et à subventionner les consultations dans les hôpitaux de district.
La carte de santé intelligente, levier d’inclusion sociale

En point d’orgue de ces réformes, la RDC lancera dès cet été une carte de santé intelligente, un support biométrique et numérique qui garantit l’identification unique du patient et sécurise le parcours de soins.
Grâce à cette carte, les travailleurs informels, jusqu’ici exclus des dispositifs de cotisation, pourront s’enregistrer via des agents de terrain équipés de tablettes et de scanners mobiles.
L’accès aux services comme consultations, hospitalisations, délivrance de médicaments, sera alors déclenché par un simple passage de la carte, qui enregistrera automatiquement les actes et les remboursements dans la base de données nationale de la santé.
Samuel Kamba a souligné que cette innovation permettra non seulement de suivre en temps réel la consommation des ressources, mais aussi de lutter contre la corruption et les fraudes dans le secteur.
En présentant ces réformes à Genève, le ministre Samuel Roger Kamba a voulu démontrer que la RDC ne se contente plus de réagir aux urgences sanitaires mais plutôt elle construit une architecture de santé résiliente, fondée sur un financement mixte, une gouvernance transparente et une inclusion effective de toutes les composantes de la société.
Lydia Mangala


