Aujourd’hui, dans le contexte actuel de la capitale, une telle mesure semble prématurée et risquée. Mettre en place une circulation alternée sans infrastructures, sans alternatives de transport viables, ni sensibilisation préalable, c’est courir vers une cacophonie encore plus grande.
Avant d’y parvenir, voici ce qu’il faut faire :
1. Construire ou réhabiliter les routes
Kinshasa a cruellement besoin d’infrastructures modernes, bien entretenues et bien pensées, surtout aux points névralgiques de la circulation.
2. Renforcer la réglementation
Il faut une gestion rigoureuse des permis de conduire, la fin des pratiques illégales, et la professionnalisation du contrôle routier.
3. Éduquer et sensibiliser
La connaissance du code de la route, le respect des règles et la courtoisie routière doivent devenir la norme. Cela passe par des campagnes de sensibilisation massives.
4. Mettre en place un vrai système de transport en commun
Il est impensable de restreindre la circulation sans offrir des alternatives sûres, abordables et accessibles. Aujourd’hui, les Kinois doivent se contenter des “Wewa” ou des “207” fatiguées — ce n’est pas acceptable.
Une approche expérimentale et progressive
Avant de généraliser, il serait plus judicieux de commencer par une phase pilote, par exemple dans la commune de la Gombe et ses environs. Cela permettrait de tester la faisabilité du système, d’ajuster les erreurs, et de préparer progressivement la population.
Une vision ambitieuse : vers une gestion intelligente de la circulation

On peut aller encore plus loin en instaurant un système intelligent basé sur la technologie :
Des caméras embarquées dans les grandes artères du centre-ville pour surveiller la circulation en temps réel.
Une plateforme numérique centralisée, reliée à la DGI et à la SPC (Société des Permis de Conduire), sur laquelle chaque propriétaire de véhicule devra s’enregistrer.
Les données à fournir : identité, numéro de permis, plaque d’immatriculation, numéro de téléphone, adresse e-mail, adresse physique, nom de banque, numéros Mobile Money, etc.
En cas d’infraction, le système identifie automatiquement le contrevenant via sa plaque, lui envoie une notification d’amende, et lui accorde un délai d’une semaine pour payer. Passé ce délai, le montant augmente automatiquement jusqu’au paiement.
C’est ce genre de vision structurée et intelligente qu’il faut pour Kinshasa. Pas des décisions précipitées, prises sans fondement ni accompagnement. La circulation alternée peut être une bonne idée, mais elle doit être le fruit d’une planification, d’une innovation technologique, et d’un vrai respect du citoyen.
JOSSARD KATUNDA


