À l’issue de la 62ᵉ Assemblée plénière de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le vendredi 16 mai 2025, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a réaffirmé l’urgence d’un « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs », porté en partenariat avec l’Église du Christ au Congo (ECC).
Il salue les nombreuses initiatives internationales de paix, processus de Doha, du SADC-EAC ou médiation africaine conduite par Faure Gnassingbé, il insiste disant :
« Si dans tous ces pourparlers il n’y a pas un consensus interne, demain il y aura d’autres groupes armés. »
Un projet congolais face aux dynamiques externes
Monseigneur Nshole a expliqué que la crise à l’Est, marquée selon lui par l’agression rwandaise via la rébellion du M23, réclame d’abord une démarche endogène :
« Ces causes profondes impliquent des questions internes que seuls les Congolais peuvent examiner. »
Les évêques entendent à mobiliser la population et tous les acteurs politiques en vue d’un accord national, condition sine qua non de toute médiation durable.
Le Pacte social doit être validé par le Chef de l’État :
« Nous ne pouvons pas avancer sans son accord », a martelé Mgr Nshole, annonçant une demande d’audience officielle.
Contestation et rôle de l’Église
Si la CENCO et l’ECC se présentent comme garants d’une initiative neutre, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, y voit une intrusion dans le domaine politique :
« L’Église n’a pas vocation à prendre des initiatives politiques », a rétorqué un porte-parole. Monseigneur Nshole réaffirme pourtant que sa responsabilité est d’abord pastorale et sociale, et non partisane.
Un appel plus large à la réforme institutionnelle
Au-delà de la paix, Mgr Nshole a dénoncé devant les évêques et les fidèles les dérives du système judiciaire :
« Malgré les interpellations du Chef de l’État et la tenue des États généraux, la justice continue d’être manipulée par les plus forts. »
Il a pointé l’impunité autour des contentieux électoraux et la prolifération des spoliations de terres, dont l’Église elle-même est parfois victime :
« Les spoliations de terrains sont devenues une pratique courante. »
Vers une cohésion nationale durable
En combinant plaidoyer pour la paix, critique institutionnelle et dialogue social, la CENCO et l’ECC espèrent jeter les bases d’une réconciliation véritable.
Le Pacte social qu’elles proposent entend préserver la cohésion nationale et affermir la légitimité des institutions congolaises, avant toute solution extérieure.
Alors que les enquêteurs internationaux multiplient les démarches diplomatiques, les évêques rappellent que la première étape reste un accord congolais, construit et accepté par tous.
Lydia Mangala


