À la suite des pluies diluviennes du 4 au 5 avril dernier qui ont fait 70 morts et détruit plus de 21 000 ménages à Kinshasa, le ministère de la Santé publique alerte sur l’apparition de deux cas confirmés de Mpox et de quatre cas suspects de rougeole dans les sites d’hébergement des sinistrés.
Épidémies en zones sinistrées
Lors d’une réunion nationale sur la situation sanitaire tenue le lundi 12 mai 2025, les autorités ont confirmé qu’un cas de Mpox avait été détecté à chaque fois au stade municipal de Bandalungwa et au stade Tata Raphaël, tandis qu’un foyer suspect se dessine également à Bandalungwa.
Parallèlement, quatre enfants hébergés à Bandalungwa présentent des symptômes évoquant la rougeole, redoutée pour sa contagiosité et sa gravité chez les plus jeunes.
Retour des sinistrés et état des lieux
Le gouvernement a autorisé le retour de 145 personnes dans leurs foyers ; toutefois, la plupart restent dans quatre sites principaux :
– Stade municipal de Bandalungwa : 1 431 sinistrés accueillis (sur 1 923), dont 807 femmes
– ITI Lumumba : 3 664 sinistrés, aucun retour signalé
– Stade Tata Raphaël : 1 431 sinistrés (sur 1 923), dont 1 173 femmes
– Stade des Martyrs : 3 746 sinistrés, dont 2 323 femmes
Au total, plus de 10 000 personnes vivent encore dans ces structures, où la promiscuité et les infrastructures sanitaires endommagées, avec 73 établissements touchés, favorisent la propagation des maladies.
Une réponse sanitaire d’urgence
Face à ces flambées, le ministère suit la situation de près et a instruit les équipes de terrain de renforcer la surveillance épidémiologique, de lancer des campagnes de vaccination contre la rougeole et de déployer des cliniques mobiles pour isoler et traiter les cas de Mpox.
Les ONG et acteurs humanitaires sont mobilisés pour distribuer des moustiquaires, des kits d’hygiène et du matériel de désinfection, afin de limiter la contamination dans les sites d’hébergement.
À l’heure où la capitale se relève encore des destructions matérielles et des pertes humaines, la vigilance sanitaire s’impose comme la priorité absolue pour éviter une nouvelle crise au cœur de l’urgence humanitaire.
Lydia Mangala


