À Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, les cas d’agressions commises par des policiers et des militaires se portent bien et ne cessent de se multiplier.
La population Kinoise a récemment déploré le passage à tabac d’un père devant son fils qu’il emmenait à l’école devant la résidence d’une vice-ministre, suivi quelques jours plus tard, d’une interpellation musclée d’un automobiliste attribuée aux éléments des FARDC.
Chaque nouvel incident vient raviver l’inquiétude des habitants, qui se demandent comment des agents, censés protéger les citoyens, pourraient ainsi outrepasser leurs prérogatives sans craindre des représailles.
Des facteurs systémiques à adresser

L’on avancerait que ces comportements trouveraient leur origine dans un encadrement jugé insuffisant. Il serait reproché à la haute hiérarchie policière et militaire de ne pas exercer une supervision assez rigoureuse, laissant parfois les unités agir de façon autonome, voire arbitraire.
Par ailleurs, certains spécialistes souligneraient qu’un sentiment d’impunité s’est installé : tant que les enquêtes n’aboutiraient pas à des sanctions visibles, le contraste entre le devoir de maintenir l’ordre et la réalité des exactions ne ferait que s’accentuer.
En toile de fond, on évoquerait aussi les conditions de vie et de travail souvent précaires des agents, qui pourraient se sentir découragés ou tentés de recourir à la violence pour asseoir leur autorité.
L’urgence d’une réforme en profondeur
Il conviendrait désormais d’envisager la création d’un mécanisme indépendant chargé de traiter chaque plainte déposée contre un agent des forces de l’ordre. On pourrait recommander l’utilisation systématique de caméras-piétons pour documenter toute intervention, limitant ainsi la possibilité d’arbitraire.
Sur le plan de la formation, il est souhaitable d’introduire des modules dédiés à la gestion du stress, à la déontologie et à la protection des droits fondamentaux, afin que chaque policier ou militaire comprenne que la fermeté ne doit jamais se traduire par la brutalité.
Sans une prise de conscience politique et l’adhésion sincère des hauts commandements à ces recommandations, ces dérives risqueraient de s’enraciner, sapant durablement la confiance des Kinois envers ceux qui sont chargés de garantir leur sécurité.
Lydia Mangala


