Les révélations de l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, qui est actuellement député national et proche du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi a propos des allégations de malversations financières au sommet de l’État ne cessent de faire couler d’ancre dans l’environnement sociopolitique congolais.
Ces révélations apportent noir sur blanc un éclairage indéniable sur la gouvernance du président Tshisekedi, et exposent des pratiques obscures dans la gestion des fonds publics qui semblent être assimilés à son patrimoine familial. À en croire Claudel Lubaya et Seth Kikuni, ces pratiques ne sont pas des faits délaissés et s’inscrivent dans la continuité d’une gouvernance caractérisée, depuis 2019, par une concentration des ressources publiques entre les mains du clan présidentiel dirigé par Monsieur Félix Tshisekedi, qui a entretenu et consolidé un système clientéliste au sommet de l’État.
« Alors qu’il a bâti sa communication sur un discours de rupture et de lutte contre la corruption, son propre ministre des finances vient de lui opposer un démenti cinglant; révélant ainsi les faits de compromissions, d’impunité organisée et d’utilisation abusive des deniers publics. Dans l’absolu, ces pratiques constituent une violation des principes fondamentaux de notre Constitution et peuvent être qualifiées de haute trahison, car elles ont pour conséquence de priver intentionnellement le peuple de ses richesses (Articles 56 et 57 de la Constitution) », ont-ils fait savoir dans une déclaration faite vendredi 9 mai.
Face à cette situation gravissime des faits portés à la connaissance du public, le Cadre de Concertation des Forces Politiques et Sociales convie sans plus tarder le Procureur Général près la Cour de cassation à ouvrir une information judiciaire pour mettre toute la lumière sur les dénonciations de l’ancien ministre des finances.
« Ces détournements massifs révélés sous la gouvernance de Tshisekedi ont eu pour conséquence directe la paupérisation des populations, l’effondrement des services publics de base (santé, éducation, infrastructures) et l’enrichissement suspect d’un cercle restreint composé de ses ministres et autres membres de sa famille biologique et politique. Pendant que la majorité de la population croupit dans une misère effroyable, il est profondément révoltant d’apprendre, de la part de l’ancien ministre des finances qu’avec l’accord du président de la République, une somme de 30 millions de dollars américains aurait été détournée des fonds publics par ses proches et lui-même. Ces fonds frauduleusement subtilisés auraient permis au président de la république et ses proches de se les partager au titre de jeton de présence dans le cadre du contrat chinois. Un tel acte, comme bien d’autres du genre, jette un discrédit total sur Felix Tshisekedi, qui, par ces comportements, s’est rendu indigne de la fonction qu’il occupe. Il est donc légitime qu’il rende compte à la Nation », ont-ils martelé dans la déclaration.
Pour Claudel Lubaya et Seth Kikuni, les institutions habilités à assurer la transparence notamment la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances et l’Assemblée nationale ont été réduites au silence ou instrumentalisées, avec la permission de Monsieur Félix Tshisekedi, pour neutraliser toute velléité de contrôle indépendant du pouvoir exécutif.
« En instaurant la délinquance financière au sommet de l’État, Félix Tshisekedi a gravement manqué aux engagements pris lors de son serment constitutionnel, notamment celui de se laisser guider par l’intérêt général, de consacrer toutes ses forces à la promotion du bien commun, et de servir loyalement le peuple congolais. Garant du fonctionnement harmonieux des institutions. Félix Tshisekedi porté, par ses manquements, la responsabilité politique et morale de ces actes d’atteinte à la probité et de délit d’initié au regard des articles 164 et 165 de la Constitution, ainsi que des articles 76, 77 et 78 de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle », ajoutent les deux leaders de cette organisation sociopolitique.
Une sortie médiatique ratée pour Nicolas Kazadi qui au cours d’une émission diffusée sur YouTube, s’est montré critique envers la gouvernance de sa famille politique. En révélant que l’Etat congolais durant le premier quinquennat du président Félix Tshisekedi a créé cinquante-trois établissements publics non budgétisés s’interrogeant sur les conséquences financières de ces nouvelles structures, créées sans prévisions budgétaires et entraînant ainsi des recrutements sans cadre limité et organique. Ce dernier fustige la mauvaise gestion des finances publiques, qu’il considère selon lui comme un frein au développement du pays et favorise l’enrichissement personnel.
Ben Mandjolo


