Le président du Laboratoire de Recherches en Sciences de l’Information et de la Communication (LARSICOM) a ouvert les débats de la deuxième Rencontre congolaise de recherche sur le journalisme, ce jeudi 8 mai 2025 à l’INA, avec un discours à la fois intime, critique et inspirant sur les défis humains posés par l’IA.
C’est par une confidence pleine de lucidité que Pierre N’sana Bitentu, président de LARSICOM, a lancé son allocution :
« Il y a quelques jours j’ai connu une panne d’inspiration. J’ai demandé à une intelligence artificielle : Écris-moi un discours à propos de toi.»
Le résultat était un texte impeccable, rapide, efficace. Mais vide de ce qui, selon lui, fait l’essence de la communication humaine.
« Cette machine écrit très bien, sans doute mieux que moi ! Mais elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir le trac ou de ressentir la fierté d’avoir réuni de jeunes esprits.»
Par ces mots, il pose le cœur du débat : l’IA ne remplacera jamais l’émotion, la rencontre, la création partagée, piliers fondamentaux du journalisme et de la recherche en communication.
Des Rencontres sous le signe de la confrontation des idées

Pierre N’sana a salué l’implication de l’INA, du ministère de la Communication, ainsi que des partenaires comme Internews, Wallonie-Bruxelles ou encore FirstBank S.A. RDC, avant d’entrer dans le vif du thème de cette édition :
« Le journalisme face à l’intelligence artificielle : entre méfiance et révérence.»
Un intitulé audacieux, selon lui, car la technologie fascine autant qu’elle inquiète :
« La fascination technologique côtoie la crainte de déshumanisation.»
Il a mis en lumière les divers angles qui seront explorés pendant le colloque : l’éthique du journalisme, la création audiovisuelle, les enjeux de l’éducation et les usages inattendus de l’IA dans les milieux académiques.
Une génération de chercheurs en pleine éclosion

Ce colloque est aussi, selon Pierre N’sana, « une fête du savoir », marquée par la diversité des profils et la richesse des échanges.
Il a salué la participation de chercheurs confirmés, de jeunes doctorants venus de Goma, de Paris et d’ailleurs, ainsi que la bienveillance des encadreurs :
« Cet accompagnement intergénérationnel est, à mes yeux, l’une des plus belles réussites de ce colloque.»
Enfin, il a rappelé la mission du Larsicom, créé en septembre 2022 :
« Un espace de dialogue entre universitaires, praticiens et décideurs », qui valorise les approches plurielles et refuse tout dogmatisme, au service d’un savoir utile et citoyen.
Lydia Mangala


