À l’occasion de la deuxième édition des Rencontres congolaises de recherche sur le journalisme, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a livré une allocution riche en réflexions sur la transformation du journalisme face aux défis de l’intelligence artificielle.
Une prise de parole à la fois lucide, encourageante et résolument tournée vers l’avenir.
IA : simplificatrice ou menace pour le journalisme ?
D’entrée de jeu, le ministre reconnaît n’avoir jamais utilisé l’intelligence artificielle pour rédiger ses discours, tout en concédant que l’objectif de toute technologie devrait être de simplifier la tâche de l’homme.
Il met toutefois en garde contre une adoption aveugle de l’IA, qu’il compare à la barre d’un volcan : fascinante, mais potentiellement dangereuse.
Face à la prolifération de contenus générés par des intelligences artificielles et à la montée en puissance des créateurs sur les réseaux sociaux, le ministre souligne le défi que cela représente pour les journalistes.
Il rend hommage à l’engagement de ceux qui, tout au long de l’année, relèvent les défis du « mois de mai », celui de la presse.
L’IA ne remplacera jamais la singularité du journaliste

Muyaya insiste : l’intelligence artificielle peut puiser dans des bases de données, mais elle ne remplacera jamais la part d’humanité, d’émotion et de singularité qu’un journaliste apporte dans son travail.
« Il reste une part d’humain que seuls les journalistes peuvent offrir pour vendre une information au public. »
Dans une société où la liberté de la presse reste fragile, le ministre encourage les chercheurs et professionnels présents à proposer des sujets, des supports, et des formats innovants, afin de capter l’attention des jeunes Congolais, et de bâtir une presse qui dialogue véritablement avec sa population.
Une boussole pour l’avenir : recherche, jeunesse et engagement

Soulignant l’importance de la recherche dans l’accompagnement des mutations technologiques, Patrick Muyaya affirme que le journalisme de demain doit reposer sur de nouveaux modèles, plus justes, inclusifs et porteurs de progrès.
La recherche journalistique, selon lui, joue ici le rôle d’une boussole précieuse.
Il se félicite également de l’engagement du ministère en faveur d’une recherche ancrée dans les réalités nationales, et félicite le Laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication (Larsicom) pour son dynamisme.
S’adressant aux nombreux étudiants venus de différentes régions du pays, il affirme :
« Votre présence sur tout le territoire montre que la République demeure indivisible et que sa jeunesse est la ressource de l’avenir. »
En conclusion, Patrick Muyaya appelle à une IA au service de la cause nationale, évoquant les ravages de son usage malveillant en période de guerre.
Il conclut avec une note d’espoir : « Notre véritable rempart reste l’intelligence humaine. »
Lydia Mangala


