Ce mercredi 7 mai 2025, l’ordonnance de dissolution du Fonds National de Solidarité contre le Coronavirus (FNSCC) a été lue à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), clôturant officiellement la mission de cette structure créée en avril 2020 pour répondre à l’urgence sanitaire.
Cette décision s’inscrit dans la directive présidentielle, annoncée lors de la 42ᵉ réunion du Conseil des ministres, visant à évaluer et rationaliser les structures étatiques jugées non efficaces ou redondantes, dans un contexte de guerre d’agression et de contraintes budgétaires.
Un fonds né de l’urgence sanitaire
Institué par l’ordonnance n° 20/018 du 6 avril 2020, en même temps que l’état d’urgence sanitaire, le FNSCC avait pour vocation première de collecter et de centraliser les dons publics, privés et internationaux destinés à lutter contre la pandémie de Covid-19.
Coordonné par le révérend Dominique Mukanya Wa Banza, il finançait l’achat d’équipements de protection individuelle, le renforcement des capacités de diagnostic (laboratoires, formations) et le soutien financier au Comité multisectoriel de riposte.
Gouvernance et révisions successives
Dès sa création, le Fonds avait placé le cardinal Fridolin Ambongo à sa tête, avant que celui-ci et d’autres chefs religieux ne déclinent leur nomination quelques jours plus tard.
Le 6 mai 2020, le Président Tshisekedi nommait un nouveau comité : le pasteur Dominique Mukanya devenait coordonnateur, Jean Mulongo Muteba son adjoint, tandis que le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, pilier de la riposte scientifique, conservait son rôle.
Ce relais entre instances religieuses, scientifiques et gouvernementales visait à assurer une gestion inclusive et transparente.
Vers une redynamisation des structures étatiques
En ordonnant la dissolution du FNSCC, le Chef de l’État répond à son appel pour un « Audit des structures non efficaces », décliné en directive de supprimer ou de redynamiser les organismes publics créés ces dernières années.
Le Gouvernement devra désormais intégrer les missions accomplies par le Fonds dans les institutions existantes, ministères de la Santé, agences de financement d’urgence et structures sociales, afin de consolider la gestion des ressources publiques et d’éviter les doublons.
Quelles leçons pour l’avenir ?
Le FNSCC aura joué un rôle pivot durant les premiers mois de la crise, mobilisant plus de 152 millions de dollars selon les rapports internes, et coordonnant la distribution de matériel médical sur tout le territoire.
Sa dissolution marque une transition vers une résilience sanitaire durable, où les instruments de crise laissent place à des mécanismes pérennes de préparation et de réponse.
Les autorités sont désormais attendues sur la mise en place d’un cadre intégré de gestion des secours et d’un plan de gestion des risques sanitaires à long terme.
En fermant ce chapitre de l’urgence Covid-19, la RDC confirme sa volonté de rationaliser ses structures tout en capitalisant sur les acquis de la riposte pour affronter les défis sanitaires futurs.
Lydia Mangala


