Au lendemain des pluies diluviennes qui ont frappé Kinshasa, la commune de Bandalungwa se relève à peine d’une tragédie où eaux en furie et infrastructures défaillantes ont fait des victimes et semé la désolation.
Vendredi dernier, le député provincial Jared Phanzu a pris la parole à la plénière pour dénoncer des conséquences alarmantes et appeler à des mesures d’urgence.
Des pluies meurtrières et un quartier dévasté
Dans la nuit du 1ᵉʳ mai 2025, la rivière Makelele a débordé, inondant les habitations riveraines et emportant tout sur son passage.
Le quartier Lubudi, situé à la frontière de Kintambo et Ngaliema, a payé un tribut humain particulièrement lourd : Jared Phanzu évoque « des morts » parmi les familles surprises par la montée des eaux.
Les témoignages recueillis font état de rues transformées en ruisseaux impétueux et de sinistrés contraints de trouver refuge sur les hauteurs.
Des infrastructures fragilisées par l’inachevé
Au‑delà du drame humain, c’est l’état des équipements urbains qui interroge : l’avenue Kasavubu, à la hauteur de l’hôpital CBCO, présente de profondes fissures et affaissements, rendant l’accès aux soins quasi impossible.
Selon le député, les travaux de construction des caniveaux sont restés inachevés, et l’absence d’un programme de curage régulier a transformé les conduits en pièges à déchets et à boue.
Par conséquent, la capacité d’évacuation des eaux pluviales est réduite, et chaque averse se mue en menace.
L’exigence d’un contrôle parlementaire renforcé
Conscient de la responsabilité de son institution, Jared Phanzu a rappelé que :
« Nous avons la lourde responsabilité de faire le contrôle parlementaire ».
Il propose d’inviter sans délai les animateurs des services provinciaux concernés , voirie, hydraulique, environnement , afin d’obtenir des éclaircissements et, le cas échéant, de les sanctionner positivement ou négativement selon leur degré de réponse et de mobilisation.
Vers des mesures d’urgence et de prévention
En attendant le rapport des institutions, le député de Bandalungwa formule plusieurs recommandations :
– la création d’un fonds permanent d’urgences provinciales, pour financer les secours immédiats et la reconstruction des infrastructures sinistrées ;
– la mise en place d’un plan structuré périodique de curage des caniveaux, afin de maintenir les voies d’évacuation des eaux toujours opérationnelles ;
– la réactivation du plan de gestion des eaux pluviales, pour anticiper les crues et protéger durablement les quartiers vulnérables.
Face à ces inondations meurtrières, la voix de Jared Phanzu résonne comme un appel pressant : celui de transformer l’émotion du drame en impulsion politique et technique, pour que Kinshasa ne soit plus prise au piège des pluies qu’elle n’a jamais pu contenir.
Lydia Mangala


