Depuis la prise de Goma fin janvier 2025 et la chute de Bukavu quelques semaines plus tard, les journalistes de l’Est de la RDC sont pris pour cibles par l’Alliance AFC‑M23, soutenue par des éléments de l’armée rwandaise. Nombre d’entre eux ont été menacés, enlevés ou séquestrés, et certains contraints de suivre des formations idéologiques où ils apprennent à manier les armes.
Face à ces violences, plus d’une cinquantaine de reporters ont dû fuir leur territoire pour trouver refuge ailleurs, abandonnant caméras et micros, tandis que leurs confrères restés sur place vivent dans la peur permanente de représailles.
Silence imposé et black‑out médiatique sous contrôle du M23
Les locaux des radios locales ont été pillés, fermés ou vandalisés afin de museler toute voix indépendante.
Lors d’une réunion organisée à Bukavu le 23 février 2025, les responsables de la communication du M23 ont exigé que les médias bannissent toute information jugée négative à leur égard, imposant un véritable black‑out sur les exactions commises dans les zones occupées.
Privés de liberté éditoriale, les journalistes ne peuvent plus assurer leur mission de service public et constater les violations des droits de l’homme qui perdurent.
JED appelle la communauté internationale à protéger les journalistes
JED exhorte la Communauté internationale à exercer une pression forte sur les chefs rebelles du M23 pour qu’ils respectent le droit à l’information et garantissent la sécurité des journalistes.
Alors que s’ouvrent sous médiation américaine les pourparlers de paix entre la RDC et le Rwanda, l’ONG insiste pour que la liberté de la presse figure parmi les priorités de l’agenda diplomatique.
Sans ce pilier, préviennent les défenseurs de la liberté d’expression, toute perspective de réconciliation et de développement dans l’Est du pays restera incomplète.
Lydia Mangala


