Le décès du Pape François, survenu le 21 avril 2025, ouvre une période de vacance du trône pontifical et suscite une vague de spéculations autour de sa succession.
Parmi les noms évoqués au sein du collège cardinalice et dans les milieux ecclésiastiques et géopolitiques, celui du Cardinal Fridolin Ambongo Besungu revient avec insistance.
Archevêque métropolitain de Kinshasa et membre influent du Conseil des cardinaux institué par le Pape François, ce prélat congolais incarne une nouvelle dynamique au sein de l’Église catholique.
Un profil respecté au sein de la Curie et dans les périphéries

Le cardinal Ambongo est perçu comme une figure charismatique, rigoureuse et profondément enracinée dans les réalités sociopolitiques du continent africain.
Proche du Pape François, il a toujours porté un discours prophétique sur la justice sociale, la paix, la protection de l’environnement, et la défense des plus pauvres, des thématiques chères au pontificat de François.
Membre du Conseil des cardinaux (C9), organe consultatif restreint du pape, il a participé activement à la réforme de la Curie romaine. Ce rôle stratégique lui confère une solide expérience dans la gouvernance de l’Église universelle, un atout non négligeable dans le contexte actuel où l’institution catholique cherche à renforcer sa crédibilité et sa proximité avec les fidèles, notamment dans les « périphéries », concept central du Pape François.
L’Afrique, nouveau centre de gravité du catholicisme mondial ?

L’Afrique est aujourd’hui le continent où le catholicisme connaît la plus forte croissance. Le choix d’un pape africain représenterait une reconnaissance symbolique et stratégique du poids croissant du continent dans l’Église.
Le cardinal Ambongo, en tant que leader spirituel d’un pays qui compte près de 50 millions de catholiques, incarne cette vitalité.
Son élection renforcerait également la voix de l’Église face aux conflits et aux injustices qui secouent le monde, notamment dans la région des Grands Lacs, où il s’est souvent exprimé avec force sur les questions de paix, de souveraineté et de dignité humaine.
Les atouts et les défis d’une telle élection

Ambongo allie la rigueur intellectuelle d’un universitaire, la vision pastorale d’un homme de terrain, et l’audace d’un pasteur engagé. Il parle plusieurs langues (français, lingala, italien…), a étudié à Rome, et jouit d’un large réseau d’influence au sein des églises africaines, européennes et latino-américaines.
Cependant, certains défis subsistent. Le collège électoral reste majoritairement européen et latino-américain.
Les résistances internes aux réformes entreprises sous François pourraient aussi jouer contre un profil perçu comme trop « dans la continuité ». Mais son tempérament conciliateur, son sens du dialogue et son autorité naturelle pourraient rassurer les plus prudents.
Une succession possible mais pas assurée

À l’heure actuelle, le conclave n’est pas encore convoqué, et les spéculations vont bon train. Fridolin Ambongo n’est pas seul en lice : d’autres cardinaux comme Matteo Zuppi (Italie), Peter Turkson (Ghana), ou encore Luis Tagle (Philippines) sont aussi évoqués.
Néanmoins, le cardinal congolais représente un profil solide, porteur d’une Église plus proche des réalités contemporaines et du souffle prophétique de l’Évangile.
Son élection serait historique : il deviendrait le premier pape africain depuis le IIIe siècle. Et au-delà du symbole, elle pourrait marquer un tournant dans la manière de gouverner l’Église universelle, avec une sensibilité plus globale, une voix plus audacieuse pour les oubliés, et un pontificat ancré dans la réalité des peuples.
Lydia Mangala


