La République Démocratique du Congo s’apprête à franchir un tournant décisif dans sa stratégie de désenclavement et de croissance économique. En mission officielle à Dubaï, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a obtenu, le jeudi 10 avril 2025, la confirmation par DP World que le port en eau profonde de Banana sera opérationnel dès 2026, marquant une étape cruciale dans la modernisation des infrastructures logistiques du pays.
Un projet structurant aux retombées majeures

Avec un quai de 700 mètres, une capacité annuelle de 450 000 EVP (équivalents vingt pieds) et des technologies de dernière génération, le port de Banana transformera profondément le paysage économique et logistique de la RDC.
Actuellement limitée par ses faibles capacités portuaires, la RDC pourra, grâce à cette nouvelle infrastructure, mieux connecter ses produits aux marchés internationaux et attirer davantage d’investissements étrangers.
Selon les projections officielles, ce port permettra de générer 1,12 milliard de dollars d’échanges commerciaux supplémentaires par an, entraînant une hausse de 0,65 % du PIB annuel du pays.
Ce projet devrait également créer environ 85 000 emplois directs et indirects, constituant ainsi un puissant levier de réduction du chômage et de renforcement du tissu économique et social local.
Une diplomatie économique efficace
Au cours d’un entretien stratégique avec Sultan Ahmed Bin Sulayem, PDG de DP World, la Cheffe du Gouvernement a réaffirmé la détermination de la RDC à faire avancer ce projet dans les délais.
« C’est vraiment une grande opportunité de nous asseoir avec la Première Ministre et de discuter du progrès du port. Je suis vraiment content qu’elle nous ait donné 100% de soutien pour s’assurer que le projet se termine à l’heure avec la meilleure qualité », a déclaré Sultan Ahmed Bin Sulayem.
Cette rencontre illustre la solidité du partenariat entre la RDC et DP World, et confirme la confiance des investisseurs dans la vision de développement portée par le gouvernement congolais.
Un projet stratégique continental

Le port de Banana s’inscrit dans un vaste mouvement de modernisation des infrastructures portuaires africaines, à l’image des ports développés récemment au Sénégal, en Égypte ou au Somaliland.
Pour la RDC, qui ne dispose que d’une étroite façade maritime sur l’Atlantique, la réalisation de ce port constitue une avancée stratégique majeure, en lui offrant un accès direct aux corridors maritimes internationaux, tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis des infrastructures portuaires étrangères.
Une ambition présidentielle assumée

Lancé officiellement le 31 janvier 2022 par le Président Félix Tshisekedi, ce projet figure parmi les priorités de son mandat.
La signature de la convention de collaboration avec DP World le 11 décembre 2021 a marqué le point de départ d’un chantier d’envergure.
« Ce projet est le symbole d’un Congo tourné vers l’avenir, maître de ses ressources et acteur majeur dans les échanges régionaux et mondiaux », avait affirmé le Président Tshisekedi lors du lancement des travaux.
Une impulsion pour l’intégration régionale
Au-delà de ses retombées économiques, le port de Banana contribuera à renforcer l’intégration régionale en facilitant les échanges avec les pays voisins, notamment ceux de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) et de la SADC.
Il offrira également une nouvelle voie d’exportation pour les produits miniers, agricoles et industriels du pays.
Alors que la RDC s’apprête à célébrer en 2026 la mise en service de ce port stratégique, le projet de Banana incarne une ambition de transformation profonde, combinant vision politique, partenariat stratégique et engagement pour le développement durable.
Il représente un pas décisif vers une RDC mieux connectée, plus compétitive et pleinement actrice de la dynamique économique continentale et mondiale.
Lydia Mangala


