Dans le cadre d’une réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a annoncé que le prix du passeport congolais sera prochainement fixé à 75 dollars américains.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la politique tarifaire de l’État, visant à rendre ce document de voyage essentiel plus accessible aux citoyens.
Une mesure saluée et attendue
Le président Tshisekedi, fidèle à ses engagements électoraux, a rappelé à la nation son ambition de réduire les frais administratifs et de faciliter la mobilité à l’étranger pour tous les Congolais.
Ce nouveau tarif de 75 dollars représente une baisse significative par rapport aux niveaux précédemment en vigueur et devrait contribuer à alléger le fardeau financier des ménages congolais, dans un pays où le pouvoir d’achat reste faible.
Un historique marqué par de fortes contestations
Le prix du passeport congolais a longtemps été l’objet de controverses et de débats dans la sphère publique. En 2015, lors du lancement du passeport électronique biométrique, le tarif était fixé à 185 dollars américains. Ce montant élevé avait suscité l’indignation d’une population souvent confrontée à des conditions économiques difficiles, et avait alimenté des allégations de corruption concernant l’attribution de contrats à des entreprises privées.
En effet, plusieurs enquêtes, notamment celle de Reuters en 2017, avaient révélé que le contrat confié à la société belge Semlex (et à sa filiale Locosem) prévoyait une répartition financière dont une part importante ne revenait pas à l’État, mais à des acteurs privés. Ces révélations avaient nourri la colère des organisations de la société civile, qui dénonçaient un coût exorbitant pour un document supposément essentiel, comparé à celui pratiqué dans d’autres pays africains où les tarifs varient souvent entre 20 et 60 dollars.
Face à la pression populaire et aux critiques incessantes, le gouvernement avait entamé une politique de révision tarifaire. En novembre 2020, un arrêté interministériel signé par la ministre des Affaires étrangères Marie Tumba Nzenza et le ministre des Finances Sele Yalaghuli avait permis de ramener officiellement le prix à 99 dollars américains. Cette mesure avait, quant à elle, été perçue comme un premier pas vers une simplification administrative et une lutte accrue contre les pratiques de corruption qui gangrènent le système de délivrance des documents d’identité.
Un contexte de réformes et d’espoirs renouvelés
L’annonce de la nouvelle fixation à 75 dollars intervient dans un contexte politique et économique où le gouvernement congolais s’efforce de réformer ses services publics et de restaurer la confiance des citoyens. La baisse supplémentaire du coût du passeport est conçue pour réduire les frais officiels et potentiellement freiner le développement de marchés parallèles clandestins, où des sommes bien supérieures aux tarifs affichés sont souvent exigées.
Les acteurs de la société civile et divers mouvements citoyens, qui avaient auparavant dénoncé l’opacité du processus et les conditions de délivrance peu claires, y voient une avancée majeure. Une réduction du prix officiel devrait contribuer à limiter les pratiques de corruption dans la chaîne de production et de distribution, en alignant le coût réel du document sur des critères plus transparents et justes.
Des enjeux socio-économiques importants
Dans un pays où le revenu moyen quotidien demeure très bas, chaque dollar compte. Le passeport congolais, en plus de servir de document de voyage, constitue souvent le seul titre d’identité dont dispose le citoyen. Un tarif élevé rendait alors difficile l’accès à ce document indispensable pour se déplacer, travailler ou étudier à l’étranger.
La nouvelle mesure pourrait ainsi avoir des retombées positives, non seulement sur la mobilité, mais aussi sur la vie économique et sociale de la population en facilitant les échanges internationaux et en réduisant les barrières administratives.
Perspectives et mise en œuvre
Le gouvernement n’a pas encore précisé la date exacte d’entrée en vigueur de ce nouveau tarif, mais les premiers signaux indiquent que la mesure sera appliquée dans les semaines à venir. Si elle est correctement suivie d’efforts d’accompagnement, notamment en matière de transparence et de lutte contre les frais annexes informels, cette initiative pourrait constituer un jalon majeur dans la modernisation du service public congolais.
En somme, cette baisse historique du prix du passeport témoigne de la volonté affichée par Félix Tshisekedi de rompre avec des pratiques anciennes et de placer l’intérêt des citoyens au cœur des priorités gouvernementales.
Dans la continuité des réformes entamées depuis son arrivée au pouvoir, le président espère ainsi redonner confiance à une population souvent déçue par des systèmes jugés coûteux et opaques.
Lydia Mangala


