Ce lundi 07 avril 2025, dans l’amphithéâtre Marcel Lihau du siège de la Cour de cassation à Kinshasa, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a officiellement donné le coup d’envoi de l’Assemblée générale ordinaire du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).
Marquant un tournant historique dans le paysage judiciaire congolais, ces assises, jamais tenues depuis la création de l’instance en 2008, se déroulent pour la première fois le premier lundi d’avril, conformément à la loi.
Un rendez‑vous historique pour le renouveau judiciaire

Rassemblant plus de 250 hauts magistrats provenant des 26 provinces du pays ainsi que les membres du bureau du CSM, cette assemblée, qui se tiendra sur une période de 10 jours, offre une opportunité inédite de débattre du fonctionnement du pouvoir judiciaire et de définir ensemble les orientations futures.
Dans son allocution d’ouverture, le Chef de l’État, en tant que magistrat suprême, a souligné que la justice est le pilier central de notre État de droit, une justice indépendante, efficace, protectrice des droits humains et rassurante pour tous.
Il a également appelé à une véritable renaissance de la magistrature, afin de redonner espoir à la population et de renforcer le rôle de sentinelle de la République.
Un bilan des initiatives et réformes récentes
Le Président de la Cour constitutionnelle et du CSM, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a quant à lui rappelé que cette Assemblée générale constitue une première dans l’histoire de l’institution.
Il a mis en lumière plusieurs initiatives majeures menées au cours des trois dernières années, telles que :
– L’engagement de 5000 magistrats en deux vagues (2023 et 2025) pour renforcer l’effectif et la représentativité de la magistrature.
– L’accès accru des femmes à la magistrature et leur nomination à des fonctions élevées, une avancée significative pour l’égalité des genres dans la justice.
– L’amélioration des conditions sociales avec la mise en place d’un régime d’assurance pour les magistrats.
– Le traitement rigoureux de dossiers disciplinaires, garantissant l’intégrité et la probité au sein du pouvoir judiciaire.
Un ordre du jour ambitieux sous le thème « La renaissance d’une Magistrature au service du peuple »
Les discussions porteront sur neuf points essentiels couvrant l’ensemble de la vie professionnelle et même personnelle des magistrats, allant du recrutement jusqu’à la retraite. Parmi les sujets figurent :
– La formation initiale et continue, cruciale pour maintenir un niveau de compétence élevé.
– Les moyens financiers et les infrastructures disponibles pour les magistrats et les palais de justice.
– La communication institutionnelle, tant en interne qu’en externe, afin de renforcer la transparence et la confiance du public.
– Le régime disciplinaire applicable aux magistrats et les mesures sociales visant à améliorer leur quotidien.
Vers une justice au service du peuple

En ouvrant personnellement ces assises, le Président Tshisekedi a réaffirmé ses attentes : la population attend un changement profond de la justice congolaise.
Pour lui, il est essentiel que la magistrature renaisse avec courage et détermination pour répondre aux aspirations d’un peuple en quête de justice équitable et accessible.
Ces travaux, considérés comme un levier de réforme, visent à instaurer un système judiciaire moderne, capable de répondre aux défis actuels et futurs, et à restaurer la confiance des citoyens dans l’État de droit.
En donnant la priorité à une justice réformée et proche des préoccupations des citoyens, le gouvernement entend bâtir une magistrature véritablement au service du peuple.
Avec cette démarche, le pays entame une nouvelle ère pour le pouvoir judiciaire, une ère qui espère concilier efficacité, transparence et humanité au cœur de la justice congolaise.
Lydia Mangala


