Depuis le lundi 31 mars 2025, il se tient à Kinshasa, la table ronde sur l’appropriation collective du Genocost, organisée par la CIA-VAR et le FONAREV, Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, au Centre Culturel et artistique des Pays de l’Afrique Centrale de Kinshasa.
Sous le thème, « Engageons-nous à l’appropriation du Genocost et la reconnaissance internationale du génocide congolais, pour la promotion de la culture de paix», durant 4 jours intenses, des experts, des filles et fils du Congo se rassemblent autour d’une même table afin d’œuvrer à la reconnaissance du génocide congolais.
Lors de la cérémonie de lancement de cette table ronde le lundi 31 Mars 2025 en présence du Président de la République, François Kakese, Coordonateur Exécutif de la Commission Interinstitutionnelle d’Aide aux Victimes et d’Appui aux Réformes, CIA-VAR a, à travers son intervention, lancé un message fort tant à la communauté nationale qu’internationale, celui de briser le silence face aux violences perpétrées pendant toutes ces années en République démocratique du Congo par les ennemis de la paix.
« La Table Ronde qui s’ouvre ce 31 mars 2025 répond à cet impératif de mémoration du Génocost mais en tout premier lieu s’entend être l’occasion de briser le silence face à un des drames les plus effroyables que l’humanité ait connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, avec des dizaines des millions des vies réduites au silence. Il était donc temps que la mémoire de ces victimes dont le sort a été contraint volontairement dans la méconnaissance et l’oubli, passe de la loi de l’omerta à la lumière et que leur histoire, l’histoire des massacres de ces âmes innocentes soit rétablie. Il s’agit donc du droit à la vérité pour elles et du devoir de vérité par la Nation tout entière. », a-t-il déclaré.
Cela, avant de rappeler que l’œuvre de l’appropriation individuelle et collective du Génocost telle que prônée par le Président de la République Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, implique que des Congolaiseset congolais, de toute génération et de tout lieu, s’y imprègnent comme un héritage historique et culturel pour la postérité.
« Dans le souci du devoir de vérité et du rétablissement de l’histoire de notre peuple, quoi de plus normal que cette appropriation collective afin de s’armer du courage et de parler au monde de cette injustice ignoble dans le souci d’imaginerune paix durable. », a-t-il renchéri.
Cependant, François Kakese a laissé comprendre que les conclusions de cette table ronde serviront de point de départ en vue des réflexions beaucoup plus approfondies pouvant permettre d’atteindre les objectifs spécifiques assignés sur la construction du narratif du Génocost, de la stratégie son appropriation collective et des orientations d’un plaidoyer pour la reconnaissance internationale, à la fois politique, diplomatique et judiciaire des génocides commis en République Démocratique du Congo.
« Plus globalement, l’idée consiste également et de manière beaucoup plus pérenne à sensibiliser l’ensemble de la population à s’approprier les pages tant glorieuses que sombres de l’histoire de notre pays par une mémoration nationale du Génocost. Elle vise également à mobiliser les efforts communs de tous en vue de la reconnaissance internationale du génocide commis (et qui continue à être commis) en République Démocratique du Congo. Tout cela devrait déboucher sur la construction et la promotion d’une culture de la paix afin que certains des nôtres utilisés, par naïveté ou par égoïsme par ces procureurs de la mort, occultes ou apparents, prennent enfinconscience et renoncent définitivement à servir par procuration,cette guerre et tout autre aventure similaire déstabilisatrice de l’ordre et de l’autorité établis. », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, l’objectif ultime de toutes ces actions et initiatives consiste à développer une mémoire collective du point de vue historique ainsi qu’une culture de la paix.
Pour y parvenir, la méthodologie adoptée par la CIA-VAR et le FONAREV, préconise la constitution des participants en panels, articulés autour de sept axes, à savoir :
1. L’axe éducatif à travers l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et professionnel ;
2. L’axe éducatif à travers l’enseignement supérieur, universitaires et la recherche scientifique ;
3. L’axe touristique et de la politique mémorielle ;
4. L’axe culturel et artistique ;
5. L’axe de la communication et des médias, des leaders d’opinion et associatif, des autorités traditionnelle et religieuse ;
6. L’axe sur les aspects relatifs à la nécessité d’un narratif et d’un argumentaire pour le plaidoyer international ; et
7. L’axe de la construction et de la promotion d’une culture de la paix.
Il sied de rappeler sue la loi n°22/065 du 26 décembre 2022fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité institue le « Génocost », un concept commémoratif destiné à rendre hommages à nos victimes ainsi qu’aux personnes qui leur ont porté secours et assistance. Cette journée est commémorée le 2 août de chaque année. La table ronde qui a été lancée le lundi 31 mars 2025 prendra fin le jeudi 3 avril 2025.
Joséphine Mawete


