La partie Est de la République démocratique du Congo est plus que jamais fragilisée par l’avancée du groupe rebelle AFC/M23, appuyé par les forces rwandaises.
Après avoir solidifié son emprise sur de vastes zones au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le mouvement menace désormais d’étendre son contrôle aux provinces de la Tshopo et du Maniema. C’est l’avertissement que la cheffe de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), Bintou Keita, a lancé ce jeudi 27 mars 2025 devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Une progression alarmante dans l’Est de la RDC
Depuis février, l’AFC/M23 aurait progressé à une vitesse préoccupante, conquérant de nouveaux territoires et renforçant son influence. D’après Bintou Keita, le territoire d’Idjwi et les hauts plateaux d’Uvira seraient déjà tombés aux mains des rebelles, tandis que Walikale, au Nord-Kivu, serait sur le point d’être entièrement conquis.
En parallèle, la rébellion ne se contente pas de prendre des terres : elle installe une administration parallèle, nommant un gouverneur et des vice-gouverneurs à Bukavu, ainsi qu’un administrateur financier et un délégué à l’extraction minière au Nord-Kivu.
Un conflit intimement lié à l’exploitation des ressources
La mise en place de cette administration parallèle souligne l’importance stratégique du contrôle des ressources naturelles dans la région. Les rebelles semblent avoir compris l’intérêt économique de l’extraction minière, et utilisent leur mainmise sur les territoires pour en tirer profit.
Cette situation exacerbe la crise, car elle leur permet de financer leurs opérations militaires et de consolider leur pouvoir, tout en privant l’État congolais d’une partie de ses revenus.
Des provinces sous la menace de l’extension du conflit
Désormais, la Tshopo et le Maniema se trouvent dans la ligne de mire de l’AFC/M23, d’après l’alerte lancée par Bintou Keita au Conseil de sécurité. La perspective de voir la rébellion étendre son influence à ces provinces suscite de vives inquiétudes, compte tenu du drame humanitaire déjà observé dans l’Est.
L’avancée rebelle compromet non seulement la stabilité de la région, mais aggrave également la situation des populations civiles, déjà confrontées à des violences et à des déplacements massifs.
L’appel au cessez-le-feu et la résolution 2773
Bintou Keita a insisté devant le Conseil de sécurité sur la nécessité d’obtenir un cessez-le-feu inconditionnel et de mettre en œuvre la résolution 2773, adoptée pour endiguer la crise en RDC.
Elle a rappelé l’importance de la coopération de toutes les forces en présence, soulignant que la réussite du processus de paix repose sur la bonne volonté et la mobilisation de chaque acteur impliqué dans le conflit. Cette résolution, censée imposer des sanctions aux éléments hostiles, reste une pierre angulaire pour stabiliser la région, à condition que les parties s’y conforment.
Une situation sous haute tension
Alors que la communauté internationale tergiverse, la rébellion poursuit sa progression méthodique. Les populations locales paient le prix fort, prises en étau entre des combats incessants et une exploitation illicite de leurs ressources.
Face à l’ampleur de la crise, Bintou Keita appelle à une réponse ferme et coordonnée pour empêcher l’AFC/M23 de consolider davantage son emprise et de s’étendre à de nouvelles provinces.
En dressant ce constat alarmant, la cheffe de la MONUSCO exhorte les autorités congolaises, les pays voisins et la communauté internationale à intensifier les efforts pour faire taire les armes.
Sans une action concertée et une volonté politique affirmée, la Tshopo et le Maniema risquent de devenir le prochain terrain de conquête d’une rébellion dont l’ombre ne cesse de grandir.
Lydia Mangala


