Ce jeudi 27 Mars à Johannesburg en Afrique du Sud, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’aucun rôle n’était prévu à ce stade pour l’ancien président Joseph Kabila dans les efforts en cours pour résoudre la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
« Il n’y a pour l’instant aucun rôle prévu, à l’heure où nous parlons, dans les efforts en cours et dans la recherche d’une solution à la crise », a affirmé la ministre des Affaires étrangères de la RDC.
Sans écarter la possibilité d’une présence publique de l’ancien chef d’État, elle a martelé sur le fait que cette réalité fait partie du déroulement normal d’une démocratie :
« Quand on vit dans une démocratie, quand on choisit l’alternance au pouvoir, alors on choisit aussi d’avoir d’anciens présidents. Parfois ils sont plus présents, parfois ils sont actifs. Nous vivons avec cette réalité, tout comme ces anciens présidents doivent vivre avec l’héritage de leurs réussites ou de leurs échecs. » a-t-elle souligné.
Thérèse Kayikwamba a toutefois rappelé que pour le moment,
« il n’y a qu’un seul président en RDC : Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et nous restons déterminés, en tant que démocratie, à continuer de fonctionner ainsi ».
La déclaration de la ministre des affaires étrangères intervient quelques jours après que l’ancien président de la RDC Joseph Kabila a rejeté toute implication dans la rébellion du M23, affirmant le 18 mars dernier à Johannesburg que les accusations à son encontre étaient « infondées » et exigeant que ses détracteurs en apportent les preuves. Joseph Kabila s’exprimait alors après une rencontre avec l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, au siège de la Fondation Mbeki.
Il avait également plaidé pour une approche « endogène » de la résolution de la crise en RDC, déplorant que « tout le monde parle du Congo, sauf les Congolais », et appelant ainsi à un dialogue entre l’opposition, la société civile, les responsables religieux et le gouvernement.
Un retour médiatique inattendu de Joseph Kabila intervient dans un contexte politique tendu à Kinshasa, pendant que la formation d’un gouvernement d’union nationale, annoncée par le président de la RDC, Félix Antoine Tshisekedi, suscite des réactions contrastées.
Le PPRD, parti cher à Joseph Kabila, s’est montré sceptique, face à ce type de coalition estimant que ce système n’a jamais apporté de solutions à long terme face aux crises congolaises. D’autres partis de l’opposition partagent cette critique, tandis que certaines personnalités politiques, comme Adolphe Muzito ou Yves Mpunga, ont exprimé leur motivation et soutien à l’initiative du chef d’état congolais.
Ben Mandjolo


