La République démocratique du Congo a refermé, ce mardi 28 avril 2026 à Kinshasa, les travaux du 23ᵉ séminaire du Réseau francophone des régulateurs des télécommunications (Fratel), au terme de deux jours d’échanges intenses consacrés à l’avenir des infrastructures numériques. C’est le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibasa Maliba, qui a officiellement prononcé la clôture de cette rencontre de haut niveau organisée au Kin Plaza Arjaan by Rotana, en présence des régulateurs francophones, des experts internationaux et des autorités nationales.
Après l’ouverture officielle présidée par le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, les travaux se sont poursuivis autour de tables rondes techniques et stratégiques réunissant les membres du réseau Fratel. Le séminaire, coorganisé par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) et l’ARCEP France, a porté sur un enjeu central : « Comment stimuler le déploiement et la concurrence par le partage d’infrastructures et améliorer la qualité de service des nouveaux réseaux télécoms ? »

Dans son allocution de clôture, le ministre Augustin Kibasa Maliba a salué la qualité des échanges et la portée stratégique des réflexions menées à Kinshasa, qu’il a qualifiée de véritable carrefour de la pensée régulatoire francophone.
« Pendant 48 heures, notre capitale s’est affirmée comme un véritable carrefour de la pensée régulatoire francophone, où se sont confrontées des expériences affinées pour dessiner une trajectoire d’avenir pour nos écosystèmes numériques », a-t-il déclaré d’entrée de jeu.

Insistant sur le rôle désormais structurant de la régulation, il a souligné que celle-ci dépasse le simple encadrement des marchés.
« La régulation n’est plus un simple instrument d’encadrement des marchés. Elle constitue désormais un levier structurant de transformation économique, sociale et souveraine », a-t-il affirmé, rappelant la vision portée par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait du numérique un pilier de modernisation de l’État.

Le ministre a également mis en avant les grandes orientations issues des travaux du séminaire, notamment la mutualisation des infrastructures, la promotion d’une concurrence fondée sur les services et l’innovation, ainsi que la nécessité d’une qualité de service mesurable et opposable.
« Ces orientations ne sauraient rester théoriques. Elles doivent être traduites en politiques publiques concrètes et en actions mesurables », a-t-il insisté.

S’adressant aux régulateurs francophones, Augustin Kibasa a rappelé l’importance de la coopération dans un secteur en mutation rapide.
« Dans un environnement international marqué par des mutations technologiques rapides, aucun pays ne peut évoluer de manière isolée. La coopération régulatoire devient une exigence stratégique », a-t-il déclaré, appelant à renforcer les synergies au sein de l’espace francophone numérique.

« C’est sur cette conviction que je déclare clos les travaux du 23ᵉ séminaire du Fratel, placé sous le signe de la coopération francophone et de la souveraineté numérique. Vive la République démocratique du Congo, vive la francophonie numérique », a-t-il conclu sous les applaudissements.
Cette cérémonie de clôture a également été marquée par deux interventions majeures. D’abord celle de la vice-présidente de l’ARPTC, Lydie Omanga, qui a salué l’engagement des équipes et des partenaires.
« Depuis des mois, nous sommes sur le pont, ce travail n’a pas été facile, mais il traduit l’engagement de toute la RDC à faire du numérique un levier d’inclusion », a-t-il confié
Elle a également insisté sur l’esprit du réseau Fratel.
« Ici, ce ne sont pas des autorités qui se rencontrent, mais des êtres humains qui cherchent à faire évoluer leurs pays. Nous apprenons les uns des autres dans l’humilité et le partage », a-t-elle précisé.

De son côté, la présidente de l’ARCEP France et présidente intérimaire de Fratel, Laure de La Raudière, a salué la qualité de l’organisation et la dynamique du réseau.
« Fratel est un espace d’échange, d’expertise et de coopération concrète. Ce qui nous unit, c’est la volonté de rendre la connectivité accessible partout et à moindre coût », a-t-elle souligné, avant d’appeler à renforcer les échanges entre régulateurs en dehors des réunions formelles.

Pour la journée du 29 avril, les participants prendront part à une descente informelle du fleuve Congo à bord du bateau Majestic River, un moment de détente et de networking destiné à prolonger l’esprit de coopération qui a marqué ces assises.
En refermant ce 23ᵉ séminaire, Kinshasa s’impose un peu plus comme un hub majeur des réflexions sur la régulation numérique en Afrique francophone, confirmant la volonté de la RDC de jouer un rôle central dans la transformation digitale du continent.
Lydia Mangala


