Dans le cadre de l’atelier consacré au mécanisme de Protection Intégrée et Résilience des Défenseurs des Droits Humains (PIR-DDH), organisé le vendredi 12 juin à Kinshasa, le Directeur exécutif de la Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV), Rostin Manketa, a livré une intervention marquée par un fort appel à l’humanité, à la solidarité et à l’engagement personnel dans la protection des défenseurs des droits humains.
S’exprimant devant les participants, le responsable de la VSV est revenu sur les enseignements tirés de plusieurs années de collaboration avec des organisations engagées dans la défense des droits humains, notamment Afia Mama ASBL, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et d’autres partenaires du programme PIR-DDH.
Il a insisté sur une valeur qu’il considère comme fondamentale dans toute action de protection.
« Ce que j’ai appris dans cette collaboration, c’est que lorsqu’une vertu manque, on ne peut pas protéger les droits humains. Cette vertu, c’est l’amour », a-t-il déclaré.
Pour lui, la protection des défenseurs des droits humains ne peut être uniquement technique ou institutionnelle, mais repose avant tout sur une capacité réelle à se mettre à la place de l’autre.
« L’amour du prochain fait que, lorsque l’autre est en difficulté, on porte cela soi-même », a-t-il ajouté.
Le défenseur des droits humains a rappelé que les acteurs de terrain sont exposés à des risques permanents, ce qui impose une réactivité immédiate et un engagement sans faille.
« Quand on perd un défenseur des droits humains, c’est toute la communauté qui perd », a-t-il averti, appelant à une prise en charge rapide des cas urgents.

Il a également souligné que la protection ne doit pas être entravée par des lourdeurs administratives, surtout dans des situations critiques.
Évoquant son expérience de terrain, Rostin Manketa a illustré la réalité des interventions d’urgence, parfois en dehors des horaires normaux de travail.
« Parfois même un samedi, on m’appelle en disant qu’il y a des cas urgents. Et on se dit : que faire ? Mais il faut agir, parce qu’il y a des vies en jeu », a-t-il raconté.

Le responsable de la VSV a particulièrement salué l’engagement des organisations partenaires, notamment Afia Mama ASBL et sa dirigeante Anny T. Modi, qu’il a décrite comme fortement engagée auprès des défenseurs en détresse.
Il a insisté sur l’importance d’une disponibilité permanente face aux urgences liées à la protection des DDH.
Tout en saluant les efforts déjà fournis, Rostin Manketa a reconnu que les besoins en matière de protection restent largement supérieurs aux capacités actuelles des mécanismes existants.

Il a ainsi appelé à un renforcement des moyens et à une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers.
« Les besoins sont immenses, et il est important que nous puissions continuer ce travail ensemble », a-t-il déclaré.
Cette intervention a mis en lumière une dimension essentielle du programme PIR-DDH. Au-delà des dispositifs institutionnels, la protection des défenseurs des droits humains repose aussi sur des valeurs humaines profondes telles que l’empathie, la solidarité et l’engagement collectif.
Lydia Mangala


