Le Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a vivement réagi aux événements survenus lors du sit-in de l’opposition organisé sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 12 juin, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression sanglante » d’un rassemblement qu’il présente comme pacifique.
Selon Denis Mukwege, cette manifestation visait à exprimer le rejet populaire d’un projet de révision constitutionnelle qui, selon lui, ouvrirait la voie à un troisième mandat du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

« Je condamne avec la plus grande fermeté la répression sanglante du sit-in pacifique de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa », a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé l’usage de la force contre les manifestants ainsi que les violences qui auraient visé certains responsables politiques de l’opposition.

Pour lui, ces événements traduisent un rétrécissement progressif de l’espace civique et politique en République démocratique du Congo, dans un contexte qu’il juge marqué par des pressions croissantes contre les acteurs de la société civile, les défenseurs des droits humains et les opposants politiques.
« Ce déploiement de violence illégitime illustre un rétrécissement de l’espace civique et politique dans un climat de répression et d’intimidation », a-t-il affirmé.

Denis Mukwege estime que cette situation rappelle des périodes difficiles de l’histoire politique récente du pays.
« Cette politique de répression et de musèlement de l’opposition rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila », a-t-il soutenu.
Face à ce qu’il considère comme une menace pour la démocratie congolaise, le Prix Nobel de la paix a lancé un appel à la vigilance et à la mobilisation des acteurs nationaux et internationaux.
« Face à cette dérive dictatoriale qui s’aggrave chaque jour en RDC, j’en appelle solennellement à une mobilisation nationale et internationale pour prévenir un coup d’État constitutionnel en gestation », a-t-il déclaré.

Cette prise de position intervient au lendemain d’une journée de tensions à Kinshasa, marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre lors du rassemblement organisé par l’opposition. Les autorités provinciales ont, de leur côté, fait état d’une vingtaine de blessés légers, dont quinze policiers et cinq manifestants, ainsi que de plusieurs véhicules incendiés, tout en affirmant qu’aucune perte en vie humaine n’avait été enregistrée.
Les réactions autour de ces événements continuent de se multiplier au sein de la classe politique et de la société civile, dans un contexte où le débat sur l’avenir institutionnel du pays demeure particulièrement sensible.
Lydia Mangala


