La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 12 juin à Kinshasa. À quelques heures du sit-in annoncé par la coalition de l’opposition C64 contre la proposition de loi sur le référendum, les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif sécuritaire autour du Palais du Peuple, principal point de rassemblement choisi par les organisateurs.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs centaines d’éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ont été positionnés aux abords du Palais du Peuple ainsi que sur les principales artères menant au site. Des véhicules antiémeutes, des jeeps de police et des camions communément appelés « Kabasele » ont été déployés sur l’esplanade et dans les zones environnantes.
Les autorités ont également installé des barrières sur les différentes voies d’accès au Palais du Peuple. Les taxis-motos et plusieurs catégories de véhicules se sont vu interdire l’accès à cette zone hautement sécurisée.
Le renforcement du dispositif sécuritaire a provoqué d’importantes perturbations de la circulation. Plusieurs accès menant au Palais du Peuple ont été bloqués, entraînant de longs embouteillages sur le boulevard Triomphal ainsi que sur l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre), notamment entre le pont Cabu et l’avenue Saio.
Une forte présence policière a également été observée le long du boulevard Triomphal et sur l’avenue de la Libération, en face du camp Kokolo, où les mouvements des usagers étaient étroitement surveillés.

Cette mobilisation intervient alors que le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a officiellement refusé l’organisation du sit-in devant le Palais du Peuple, invoquant le caractère inviolable du siège du Parlement.
À l’issue d’une réunion technique tenue la veille avec les représentants de l’opposition, les autorités provinciales avaient proposé le terrain Assosa, dans la commune de Kasa-Vubu, comme site alternatif pour la manifestation. Une proposition rejetée par la coalition C64, qui a maintenu son appel à se rassembler devant le Palais du Peuple.
Il sied de rappeler qu’à l’origine de cette mobilisation figure la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Porté par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, le texte a été adopté le 9 juin dernier par l’Assemblée nationale avant d’être transmis au Sénat.
Le président du Sénat, Sama Lukonde, a annoncé sa réception lors de la plénière du 10 juin. Le texte est actuellement examiné par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), chargée de présenter son rapport dans un délai de 72 heures.
Pour l’opposition, cette initiative législative nourrit les inquiétudes autour d’un éventuel projet de révision constitutionnelle, une perspective que les organisateurs du sit-in disent vouloir dénoncer.
Malgré les mesures de sécurité mises en place, plusieurs dizaines de militants de l’opposition sont déjà visibles, dès la matinée, aux alentours du Palais du Peuple. Toutefois, ces derniers n’ont pas pu accéder à l’esplanade de l’institution, les différentes entrées étant sous le contrôle strict des forces de l’ordre.
Les policiers déployés sur place filtrent les mouvements et empêchent tout regroupement à proximité immédiate du siège du Parlement. Cette présence des militants témoigne de la détermination de la coalition C64 à maintenir sa mobilisation, en dépit du refus des autorités provinciales d’autoriser le sit-in devant le Palais du Peuple.
La situation demeure calme pour l’instant, mais les services de sécurité restent en alerte afin de prévenir tout incident susceptible de perturber l’ordre public.
Lydia Mangala


