La transformation numérique du secteur de la microfinance en République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape. Mercredi 15 avril 2026 à Kinshasa, PAYCODE Fintech Congo, l’Association nationale des institutions de microfinance (ANIMF) et l’Association professionnelle des coopératives d’épargne et de crédit (APROCEC) ont signé un partenariat stratégique destiné à moderniser les infrastructures technologiques des institutions de microfinance (IMF) et des coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet TRANSFORME-RDC, financé par la Banque mondiale, dont l’ambition est de bâtir un écosystème financier plus moderne, inclusif et interopérable afin de soutenir durablement la croissance des petites et moyennes entreprises congolaises.
Une digitalisation structurante du secteur

Dans le cadre de cet accord, PAYCODE Fintech Congo assurera le déploiement et la gestion d’un dispositif technologique de grande ampleur comprenant notamment :
• un système de core banking ;
• un progiciel intégré de gestion (ERP) ;
• un module monétique ;
• la production de cartes de paiement MOSOLO ;
• le déploiement de 10 000 terminaux de paiement électronique (TPE) à travers le pays.
L’ensemble sera soutenu par une infrastructure informatique complète incluant serveurs, équipements de sécurité, stockage de données, réseaux et télécommunications.
Au-delà de la modernisation technique, l’objectif est de permettre une meilleure interconnexion entre les IMF, les COOPEC et le système financier national, notamment via leur raccordement au switch monétique national de la Banque centrale du Congo.
Un levier pour la croissance des PME
À travers ce projet, le gouvernement congolais et ses partenaires misent sur une approche globale du développement des PME. L’enjeu dépasse l’accès au crédit : il s’agit de créer un environnement financier structuré permettant aux petites entreprises de mieux opérer, se formaliser et accéder à davantage de services financiers.
Le déploiement de cette plateforme devrait faciliter l’acceptation des paiements électroniques chez les commerçants affiliés à la microfinance et favoriser l’installation de plus de 10 000 agents bancaires dans les 145 territoires du pays.
Pour les PME actives dans le commerce, l’agriculture ou les services, cette évolution pourrait améliorer l’accès aux paiements numériques, à l’épargne formelle et au financement structuré.
Réduction du cash et inclusion financière
Le projet participe également à la stratégie nationale de réduction de l’usage des espèces. Les terminaux déployés intégreront des dispositifs biométriques d’identification et d’authentification, tandis que des cartes conformes aux standards EMV et biométriques seront mises en circulation.
Cette modernisation vise à renforcer la sécurité des transactions, améliorer la traçabilité financière et contribuer à la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que le financement du terrorisme.
Une technologie pensée pour les réalités congolaises
PAYCODE s’appuiera sur sa plateforme eDAPT, conçue pour répondre aux contraintes spécifiques du territoire congolais. Celle-ci permettra notamment la réalisation de transactions hors ligne en temps réel grâce à des cartes biométriques, une innovation particulièrement adaptée aux zones rurales où la connectivité demeure limitée.
Le partenariat prévoit également la formation des utilisateurs, l’enrôlement des marchands ainsi que l’accompagnement technique nécessaire à la bonne appropriation des outils déployés.
Une réforme structurelle pour l’économie nationale
En renforçant les capacités des institutions financières de proximité, le Projet TRANSFORME ambitionne de créer les conditions d’un tissu entrepreneurial plus résilient, plus productif et davantage intégré à l’économie formelle.
Dans un pays où une large part de l’activité économique repose sur les petites structures souvent informelles, cette réforme pourrait constituer un tournant majeur pour la formalisation et le financement de l’entrepreneuriat local.
Reste désormais à relever les défis liés à l’appropriation technologique, à la formation des acteurs et à l’adaptation du cadre réglementaire pour garantir l’impact durable de cette transformation.
Joséphine Mawete


