Kinshasa 10 avril 2026. Réuni en sa 86ᵉ session, le Conseil des ministre de la République démocratique du Congo a franchi une étape importante dans la réforme du secteur minier. Sous l’impulsion du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, deux projets de décrets jugés stratégiques ont été présentés, examinés puis adoptés par le gouvernement.
Le premier texte porte sur l’institution d’une réserve stratégique de substances minérales stratégiques. Cette initiative vise à permettre à l’État congolais de mieux gérer ses ressources naturelles en constituant des stocks de minerais critiques tels que le cobalt, le lithium ou encore le coltan, essentiels à l’industrie mondiale des technologies et de la transition énergétique.
Selon des sources gouvernementales, cette réserve stratégique devrait offrir à la RDC un levier supplémentaire pour stabiliser les prix, sécuriser les approvisionnements et renforcer sa souveraineté économique face aux fluctuations du marché international.
Le second décret adopté concerne la modification du décret n°19/16 du 5 novembre 2019 relatif à la création, à l’organisation et au fonctionnement de l’ARECOMS. Cette réforme vise à renforcer les capacités de cette autorité de régulation, notamment en matière de contrôle des flux, de transparence des transactions et de lutte contre les pratiques illicites dans la commercialisation des minerais stratégiques.

Lors des échanges en Conseil des ministres, Louis Watum Kabamba a insisté sur la nécessité d’adapter les instruments juridiques aux réalités actuelles du marché minier mondial.
« Ces réformes traduisent la volonté du gouvernement de mieux encadrer l’exploitation et la commercialisation de nos ressources stratégiques, tout en maximisant les retombées économiques pour le pays », a-t-il indiqué.
Ces deux décrets s’inscrivent dans une dynamique plus large de gouvernance responsable du secteur extractif, considéré comme un pilier de l’économie congolaise. En renforçant à la fois la régulation et la capacité de stockage stratégique, le gouvernement entend accroître la valeur ajoutée locale et protéger les intérêts nationaux.
Par ailleurs, ces mesures devraient contribuer à rassurer les partenaires internationaux et les investisseurs, dans un contexte où la demande mondiale en minerais stratégiques connaît une croissance soutenue, portée notamment par les industries des batteries électriques et des énergies renouvelables.
Avec ces nouvelles dispositions, la RDC confirme son ambition de jouer un rôle clé sur l’échiquier mondial des ressources stratégiques, tout en consolidant les bases d’un développement économique durable et mieux contrôlé.
Ben Mandjolo


