L’image restera gravée dans les annales du sport congolais. De l’aéroport international de N’djili jusqu’à l’esplanade du Palais du Peuple, le Boulevard Lumumba s’est transformé en un immense tapis tricolore. Des millions de Congolais, massés le long du parcours, ont escorté le bus à impériale des héros de Guadalajara dans une ambiance électrique, faite de chants, de larmes de joie et de cris de victoire.
Au cœur de cette ferveur populaire, Samuel Moutoussamy semblait savourer chaque seconde de cette communion.
Indispensable dans le dispositif tactique de Sébastien Desabre, le milieu de terrain des Léopards a troqué, le temps d’une parade, son bleu de chauffe pour l’élégance du triomphe. Arborant le polo gris officiel de la délégation, une écharpe aux couleurs nationales fièrement nouée, des lunettes de soleil et un chapeau noir stylé, Moutoussamy a affiché un sourire qui en disait long sur l’ampleur de l’accomplissement.
Pour celui qui stabilise le jeu congolais avec une régularité de métronome, cette qualification obtenue 52 ans après la dernière participation du pays en 1974, représente sans doute le sommet de sa carrière internationale. C’est depuis le toit du bus, surplombant une marée humaine en délire, que le milieu de terrain a tenu à immortaliser l’instant. Dans un selfie rayonnant partagé sur son compte Instagram, l’on découvre un joueur porté par l’énergie de tout un peuple.
En fait, sa légende est courte mais puissante. Dans cette photo, il résume l’intensité du moment.
« Inoubliable. Meilleur public du monde », a-t-il écrit sur sa publication.
Ces quelques mots résonnent comme une reconnaissance éternelle envers des supporters qui ont attendu plus d’un demi-siècle pour revivre ce rêve mondial. En qualifiant le public congolais de meilleur du monde, Moutoussamy scelle un pacte d’amour indéfectible avec la nation.
En traversant Kinshasa dans cette ambiance de fête nationale, Samuel Moutoussamy et ses coéquipiers ont pris la mesure de leur exploit. Ce trajet entre N’djili et le Palais du Peuple n’était pas qu’une simple parade. C’était le passage de témoin entre les légendes de 1974 et cette génération dorée qui s’en va désormais défier le monde.
Alors que les Léopards se préparent pour l’échéance mondiale, cette connexion fusionnelle avec le public restera, à n’en pas douter, le moteur principal de Moutoussamy et de ses pairs pour porter haut les couleurs de la RDC.
Josaphat Mayi


