Nairobi ne veut plus revivre les fantômes du passé. Face aux critiques persistantes sur l’état de ses infrastructures, le gouvernement kényan a décidé de frapper un grand coup cette semaine pour prouver qu’il sera au rendez-vous du football africain en 2027.
Le Kenya, coorganisateur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027 aux côtés de l’Ouganda et de la Tanzanie, est engagé dans une véritable course contre la montre. Mardi 31 mars, le ministère des Sports a envoyé un signal fort, tant sur le plan financier qu’organisationnel, afin de répondre aux inquiétudes de la Confédération africaine de football.
Pour Nairobi, l’heure n’est plus aux promesses. Le gouvernement a annoncé avoir versé 30 millions de dollars à la CAF, correspondant aux frais d’organisation de la compétition. Ce geste financier majeur vise à réaffirmer sa crédibilité et son engagement à organiser un tournoi réussi, selon le communiqué officiel.
Au-delà de cet engagement financier, c’est toute une machine administrative qui se met en place. Selon le ministère des Sports, un Comité local d’organisation (LOC) multi-agences a été créé, réunissant les expertises du secteur public et du privé pour piloter les chantiers et la logistique. Une stratégie claire pour convaincre les instances du football africain de la capacité du pays à relever ce défi.
Si cette mobilisation est aussi forte, c’est que le Kenya joue gros. Le pays traîne en effet un lourd passif avec le football continental. Les épisodes de 1996 (CAN) et de 2018 (CHAN), où l’organisation lui avait été retirée à la dernière minute faute de préparation suffisante, restent encore dans les mémoires.
Pour l’édition 2027, le défi repose notamment sur deux infrastructures majeures à Nairobi : le Centre international des sports Moi (Kasarani), actuellement en rénovation, et la future Talanta Sports City, construite spécialement pour l’événement. Mais malgré l’optimisme affiché, le chantier reste colossal.
Car derrière cette démonstration de volonté, les réalités techniques demeurent préoccupantes. Cette mobilisation intervient après un constat sévère dressé par les experts de la CAF.
En février dernier, une délégation d’inspection a évalué l’état d’avancement des travaux. Dans un rapport jugé sans concession, les inspecteurs ont souligné qu’aucun des stades proposés ne répondait encore pleinement aux standards internationaux. Ils ont averti que si les chantiers sont bel et bien lancés, l’ampleur des travaux reste importante et nécessite des progrès soutenus.
Pour le Kenya, les 30 millions de dollars versés ne constituent donc qu’une première étape dans un processus long et exigeant vers la mise aux normes.
Josaphat Mayi


