Alors que le Sénégal célébrait ce qu’il pensait être son sacre pour la CAN 2025, la Confédération Africaine de Football ( CAF) a jeté un froid polaire en annonçant, deux mois après les faits, une défaite sur tapis vert des Lions de la Teranga au profit du Maroc. C’est dans ce climat de tension extrême que le Sénégal affrontait le Pérou en amical au Stade de France ce samedi. Si la victoire (2-0) des hommes de Pape Thiaw a apporté un semblant de baume au cœur des supporters, c’est en zone mixte que le véritable spectacle a eu lieu. Édouard Mendy, d’ordinaire si calme, a littéralement fustigé les instances dirigeantes.
Le dernier rempart d’Al-Ahli n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer son dégoût face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante et un amateurisme chronique. Pour le natif de Montivilliers, le décalage entre le niveau de jeu produit sur le continent et la gestion administrative est devenu insupportable.
« On a de l’incompréhension, avec cette instance de la CAF, on est habitués, on a malheureusement une instance qui avance moins vite que le football. Les gens parlent de gagnant ou de perdant, moi, je pense que le seul perdant, c’est le football et l’Afrique et le seul responsable, c’est la CAF. », a-t-il dit devant les médias.
Cette déclaration, empreinte d’une amertume palpable, souligne le fossé qui se creuse entre des joueurs évoluant au plus haut niveau mondial et une instance souvent critiquée pour ses décisions opaques et ses revirements tardifs. Loin de se contenter de déplorer la perte du titre, l’international aux 56 sélections a transformé son coup de gueule en un plaidoyer pour un changement radical au sommet du football africain.
Pour Mendy, le talent des joueurs et la passion des supporters méritent un écrin institutionnel bien plus solide. Le gardien insiste sur le fait que la qualité technique du football africain a pris des années d’avance sur ses dirigeants. Selon lui, l’Afrique ne pourra s’imposer durablement sur la scène mondiale tant que ses instances resteront fragiles.
« Le football africain mérite de meilleurs dirigeants. Aux acteurs du football de prendre leurs responsabilités et de tout faire pour qu’on ait des instances aussi solides que notre football », a conclu le colosse d’1,94 m.
Alors que la bataille juridique entre la Fédération Sénégalaise de Football et la CAF ne fait que commencer, cette sortie médiatique d’un cadre du vestiaire marque un tournant. Le Sénégal, qui a défilé avec le trophée au Stade de France dans un geste de défi symbolique, semble prêt à tout pour récupérer son dû.
Josaphat Mayi


