Le football africain reste en ébullition. Alors que le sacre du Maroc sur « tapis vert » lors de la CAN 2025 continue de diviser le continent, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, est finalement sorti de sa réserve. Face aux accusations de corruption portées par les autorités sénégalaises, le dirigeant sud-africain a choisi de s’exprimer directement à travers une vidéo de six minutes pour défendre l’intégrité de son institution.
Depuis la décision controversée de la commission d’appel de retirer le titre au Sénégal au profit du Maroc, le silence de Patrice Motsepe suscitait de nombreuses interrogations. Pour lui, l’enjeu dépasse le cadre sportif. Il s’agit de préserver l’image d’une organisation engagée dans un processus de réforme.
« J’avais exprimé mon extrême mécontentement au sujet des incidents survenus lors de la finale. Ce qui s’est passé a porté préjudice au travail accompli ces dernières années pour garantir l’intégrité, le respect, l’éthique et la crédibilité des résultats des matches », a-t-il déclaré.
Pour répondre aux accusations de partialité, le président de la CAF a mis en avant la réforme des instances juridiques de l’organisation. Selon lui, la désignation des membres ne repose plus sur des affinités, mais sur des critères de représentativité continentale et de compétence. Désormais, chaque association membre est invitée à proposer des juristes qualifiés, permettant de constituer des commissions composées d’experts issus des 54 pays africains.
Reconnaissant un déficit de confiance hérité du passé, Patrice Motsepe affirme œuvrer à instaurer des standards plus élevés de transparence et de crédibilité. Il a également insisté sur le respect des procédures légales, encourageant implicitement la contestation dans un cadre réglementaire.
« J’ai été informé que le Sénégal envisage de faire appel, ce qui est très important. Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts devant la plus haute juridiction, le Tribunal Arbitral du Sport. Nous respecterons la décision qui sera prise », a-t-il expliqué.
« Aucun pays africain ne sera traité de manière plus privilégiée ou plus favorable qu’un autre », a conclu le président de la CAF.
Par cette prise de parole, la Confédération Africaine de Football tente de reprendre le contrôle du récit d’une crise inédite. Si Patrice Motsepe met en avant la transparence et l’impartialité, l’issue du dossier dépend désormais des instances juridiques. Le recours annoncé devant le Tribunal Arbitral du Sport s’annonce décisif pour l’avenir du football africain et la crédibilité de son organe dirigeant.
Josaphat Mayi


