Le sifflet n’a pas encore retenti, mais le choc est déjà dans tous les esprits. Tony Yoka, l’enfant prodige de la boxe franco-congolaise, a foulé le sol de Kinshasa ce week-end. Ce n’est pas une visite de courtoisie, mais une mission commando de finaliser l’organisation du combat de la rédemption face à son rival de toujours, le colosse Martin Bakole.
Accueilli par la ferveur habituelle de la capitale congolaise, Yoka semble avoir choisi son terrain pour reprendre son destin en main. Après une période de doutes sur le circuit international, le champion olympique 2016 mise sur ses racines pour relancer la « Conquête ».
En s’affichant à Kinshasa, il envoie un message fort. En fait , Tony Yoka est prêt à défier Bakole chez lui, dans l’arène où le soutien populaire pour Martin est pourtant immense. Sans doute, l’objectif affiché, avec le soutien manifeste du ministère des Sports de la RDC, dépasse le simple cadre d’un palmarès. Il s’agit de faire revivre à Kinshasa les frissons de 1974, lorsque Ali et Foreman s’affrontaient pour le mythique Rumble in the Jungle. Si les discussions progressent, le défi technique est de taille.

Martin Bakole, actuel numéro 1 mondial WBA, est dans la forme de sa vie, puissant et destructeur.
Tony Yoka, technique et revanchard, cherche à prouver qu’il a toujours sa place au sommet de la hiérarchie mondiale des poids lourds.
Ce combat, s’il se confirme ne sera pas seulement une revanche sportive après leur première confrontation à Paris en 2022. Ce sera une bataille pour la fierté, un affrontement entre la force brute de Bakole et l’élégance tactique de Yoka, sous les yeux d’un peuple passionné de noble art.
Josaphat Mayi


