La récente sortie médiatique de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo continue d’alimenter les réactions au sein de la classe politique congolaise. Face à ce qu’il considère comme une dérive préoccupante du discours public, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, est intervenu avec fermeté pour défendre les principes de vérité, de responsabilité et de cohésion nationale.
S’exprimant sur ses canaux officiels, Patrick Muyaya a vivement critiqué les propos de l’ancien chef du gouvernement, qu’il qualifie « d’indignes, mensongers et dangereux » pour l’unité du pays. Pour le porte-parole du Gouvernement, ces déclarations ne sont de nature à convaincre « aucune personne crédible », l’opinion nationale ayant, selon lui, déjà porté un jugement clair sur le parcours et le bilan de Matata Ponyo.
« On ne peut pas se décerner des fleurs lorsque le peuple a déjà tiré ses conclusions », a-t-il rappelé.

Patrick Muyaya a tenu à replacer le débat dans son contexte historique et institutionnel, soulignant que le nom de l’ancien Premier ministre demeure étroitement lié à des dossiers ayant profondément marqué la mémoire collective, notamment le projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, cité comme symbole d’une gestion controversée de fonds publics estimés à plus de 200 millions de dollars américains. Un épisode qui, selon le ministre, « ne laisse aucun bon souvenir aux Congolais ».
Le porte-parole du Gouvernement s’est également insurgé contre les accusations visant l’appareil judiciaire, accusé à tort d’agir sur des bases tribales. Patrick Muyaya a dénoncé une tentative de discréditer la justice pour se soustraire aux exigences de la redevabilité.
« On ne peut pas justifier un statut de fugitif en s’attaquant à la justice et en l’accusant faussement d’être tribale », a-t-il martelé, rappelant que les magistrats doivent être jugés exclusivement sur la base de leurs compétences et de leur intégrité.

Pour le Gouvernement, ce type de discours est incompatible avec toute ambition nationale sérieuse. Patrick Muyaya a insisté sur le fait que l’on ne peut prétendre parler au nom de la nation tout en véhiculant des propos clivants, porteurs de stigmatisation et de divisions identitaires.
« Lorsqu’on aspire à un leadership national, le discours tribal n’a pas sa place », a-t-il souligné.
En conclusion, le ministre de la Communication et Médias a rappelé qu’aucun projet politique crédible ne peut se construire au détriment de l’unité nationale. Il a appelé l’ensemble des acteurs politiques à faire preuve de responsabilité, de respect des institutions et de retenue dans leurs prises de parole, afin de préserver la cohésion sociale et de placer l’intérêt général au cœur du débat public.
Joséphine Mawete


