Ce lundi matin, la circulation dans plusieurs axes stratégiques de Kinshasa, notamment au rond-point magasin de Kintambo et sur l’avenue Libération (ex-24 novembre), demeure difficile pour les usagers. Malgré l’appel à la grève des transporteurs en commun lancé dimanche via des tracts anonymes, aucun ralentissement notable n’a été observé sur ces artères majeures. Conducteurs de véhicules privés et motocyclistes continuent de circuler, rivalisant pour le transport des passagers sur des routes en très mauvais état.
Une situation qui ne facilite pourtant pas la vie des usagers. Sur le terrain, la hausse spectaculaire des tarifs de transport inquiète particulièrement. « Les motos qui valaient 5000 FC ce matin au départ du magasin vers le centre-ville sont maintenant facturées 20 000 FC pour un aller-retour. Si tu n’as pas cet argent, tu n’as qu’à retourner chez toi », déclare une dame présente sur place dès 6h du matin. Elle ajoute que certains motocyclistes semblent appliquer des tarifs variables, influencés par l’apparence des passagers ou d’autres critères non expliqués, rendant l’accès au transport encore plus compliqué.
Cette flambée des prix intervient dans un contexte de tensions entre les transporteurs et les autorités locales. Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a récemment instauré un contrôle strict des documents de bord des conducteurs, mesure destinée à réguler le secteur mais qui a suscité la colère des chauffeurs. Ceux-ci ont appelé à une grève pour protester contre cette décision, qu’ils jugent trop contraignante.
Cependant, à ce jour, la grève ne semble pas avoir eu l’impact escompté sur la mobilité urbaine. Les usagers continuent de faire face à des conditions de transport difficiles, entre tarifs élevés et infrastructures dégradées. La situation met en lumière les défis persistants du secteur des transports à Kinshasa, où la régulation doit encore trouver un équilibre entre contrôle et accessibilité.
Joëlle Luniongo


