Six jours après une finale de CAN 2025 électrique et émaillée d’incidents, le président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), Abdoulaye Fall, a brisé le silence ce samedi. Entre accusations d’influence occulte et critiques acerbes sur l’arbitrage, le patron du foot sénégalais a littéralement « dézingué » le pays hôte et la Confédération Africaine de Football.
Le sacre des Lions de la Teranga (1-0 après prolongation) aurait dû être une fête nationale. Pourtant, le goût de la victoire reste amer. Le dimanche 18 janvier 2026, le Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat a basculé dans l’irréel. À l’origine du chaos, un penalty accordé au Maroc par l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala alors que le score était nul 0-0.
Ce coup de sifflet a provoqué un séisme. En fait, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse en signe de protestation, frôlant le forfait. En tribune, une tentative d’envahissement de terrain par des supporters sénégalais a duré 15 minutes, marquée par des jets de projectiles et une intervention musclée des forces de l’ordre.
«Le Maroc décide de tout »…

Ces incidents font désormais l’objet d’une enquête de la commission disciplinaire de l’instance internationale. Loin de chercher l’apaisement, Abdoulaye Fall a profité d’une prise de parole relayée par le média Le Soleil pour pointer du doigt ce qu’il considère comme une hégémonie marocaine sur le football africain.
« Le Maroc tient la CAF, il faut se le dire. Ils tiennent tout en main et décident de tout. Il n’y a pas un pays qui s’est opposé au Maroc comme le Sénégal l’a fait », a-t-il martelé. Pour le président de la FSF, cette influence s’expliquerait par une puissance financière intimidante.
« Ils ont les moyens, et beaucoup de pays n’osent pas aller contre leur volonté. », a-t-il ajouté.
Ces déclarations ne sont que le point d’orgue d’une semaine de paranoïa et de griefs accumulés. Déjà, avant le coup d’envoi, la FSF avait publié un communiqué incendiaire dénonçant des failles de sécurité majeures. Le sélectionneur Pape Thiaw avait lui-même exprimé son inquiétude après l’arrivée mouvementée des Lions à la gare de Rabat, estimant que l’intégrité physique de ses joueurs avait été mise « en danger ».
Entre pressions arbitrales et logistique défaillante, le Sénégal semble avoir vécu cette compétition comme un combat contre le système autant que contre ses adversaires sur le terrain. Visiblement, le bras de fer entre Dakar et Rabat ne fait que commencer.
Josaphat Mayi


