À la veille d’une finale historique au complexe sportif Prince Moulay Abdellah, Walid Regragui a fait face aux médias avec son franc-parler habituel. Entre humilité tactique et ferveur patriotique, le sélectionneur des Lions de l’Atlas a envoyé un message clair. Pour lui, le Maroc est prêt à transformer son stade en une forteresse imprenable.
Pour Walid Regragui, cette finale ne se jouera pas seulement avec les pieds, mais surtout dans la tête. Conscient de l’attente immense de tout un peuple, le technicien marocain ne fuit pas ses responsabilités. « L’équipe qui a la pression, c’est nous. C’est normal, on est à domicile », a-t-il admis d’emblée.
Pour Walid Regragui, le résultat dépendra de la maturité de ses joueurs.
« Comment on va gérer le match en termes d’émotions, c’est la clé. Demain, il s’agira de savoir si on gère la pression comme face à la Tanzanie, ou plutôt avec la maîtrise montrée contre le Nigeria et le Cameroun. », a expliqué Walid Regragui.
« Ici, c’est pas Dortmund, c’est Rabat »
Interrogé sur l’ambiance et l’hostilité que pourraient ressentir les Sénégalais, Regragui a tenu à rappeler que le public de Rabat n’a rien à envier aux plus grandes enceintes européennes. Mieux encore, il a prévenu les Lions de la Teranga que le chaudron du stade Moulay Abdellah sera un enfer acoustique.
« En demi-finale, nous sommes montés à 100 décibels. Demain, il faut viser les 200», a-t-il dit. En fait, le coach marocain a insisté sur la ferveur unique qui anime la capitale.
« Venir gagner au Maroc, c’est compliqué, le Nigeria et le Cameroun s’en sont rendus compte. Ici, c’est pas Dortmund, c’est pas le Parc, c’est pas Marseille. C’est Raba. Je peux te dire que ça pousse. Il faudra un Sénégal très fort pour nous battre chez nous. », a expliqué Walid Regragui, confiant.
Revenant sur les expériences passées et les contextes de matchs à l’extérieur, Regragui a glissé une comparaison piquée au vif concernant l’absence de piste d’athlétisme, qui rapproche le public de la pelouse.
« Le Sénégal doit comprendre que ce n’est pas le stade des Martyrs. La différence, c’est qu’au stade des Martyrs, il y a une piste d’athlétisme qui empêche la proximité. Et de toute façon, la dernière fois que le Maroc a été là-bas, il n’a pas perdu non plus. », a nuancé le technicien marocain.
Le décor est planté. Entre un Maroc porté par son volcan et un Sénégal régulier sur le continent qui ne compte pas abdiquer, cette finale s’annonce comme l’un des plus grands chocs de l’histoire moderne du football africain.
Josaphat Mayi, à Rabat


