L’atmosphère des grands soirs plane sur Rabat. À quelques heures d’une finale qui s’annonce d’ores et déjà légendaire au stade Prince Moulay Abdellah, Walid Regragui s’est présenté face à la presse avec ce mélange de sérénité et de passion qui le caractérise. Entre le respect immense pour le Sénégal et la ferveur d’un peuple qui attend son sacre, le sélectionneur des Lions de l’Atlas a posé les jalons d’un duel au sommet.
Fidèle à sa réputation, Regragui n’a pas cherché à masquer la difficulté de la tâche. Pour lui, affronter le Sénégal, c’est se mesurer à ce qui se fait de mieux sur le continent. « Le Sénégal sera là demain, public ou pas public. Ils ont l’habitude de jouer ce genre de matches, ils ont joué à Kinshasa, dans des contextes difficiles. Pour moi, c’est du 50-50 », a-t-il tempéré.
Néanmoins, le technicien marocain compte sur le douzième homme pour faire basculer le destin. « Peut-être que nous aurons ce petit point supplémentaire, un 51 % grâce à notre public. Mais ce sera un gros match. », a expliqué le technicien marocain.
L’héritage du Mondial et l’identité de jeu…
Fort du parcours historique au Qatar, Walid Regragui sait que son groupe a changé de dimension. L’expérience des sommets mondiaux est désormais le socle sur lequel repose l’ambition marocaine. Pour lui, le Maroc ne reniera pas ses principes, même sous la pression d’une finale continentale.
« On a l’expérience de la Coupe du Monde. Tout le monde a envie de marquer l’histoire. Sur le style de jeu, sur l’envie, nous resterons fidèles à nos principes. Face à un bel opposant, nous sommes obligés d’être présents avec un niveau au top », a-t-il martelé.
Au-delà de la tactique, c’est la dimension humaine qui a marqué cette conférence de presse. Regragui a tenu à rappeler que derrière les stars internationales se cachent des hommes profondément attachés à leur drapeau. Évoquant la sensibilité de ses cadres, il a souligné le sens du sacrifice qui anime son vestiaire.
« Vous avez vu les larmes des joueurs. Vous savez la pression immense qui pèse sur des joueurs comme Achraf Hakimi, malgré ses multiples trophées, ou Brahim Díaz », a confié le coach avec émotion. « On mesure cette responsabilité. Notre seul objectif est de rendre ce peuple heureux. », a insisté Walid Regragui.
Demain, sur la pelouse de Rabat, il ne sera plus question de statistiques, mais de cœur. Sans doute, Walid Regragui et ses Lions sont prêts à entrer dans l’éternité.
Josaphat Mayi, à Rabat


