Kinshasa, 3 septembre 2025 – La République Démocratique du Congo vient d’entrer officiellement dans le cercle des membres à part entière de l’ESAAMLG (Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group), une organisation régionale engagée dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
L’annonce a été faite lors de la 50ᵉ Réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires, de la 25ᵉ Session du Conseil des ministres et du 8ᵉ Dialogue public-privé, organisés du 22 au 30 août au Centre de Conférence des Nations Unies, à Addis-Abeba (Éthiopie).
Une étape historique pour la RDC
Cette adhésion marque l’aboutissement de plusieurs années de réformes menées par Kinshasa afin de renforcer son système financier et de se conformer aux standards internationaux en matière de lutte contre les flux financiers illicites.
La RDC a notamment modernisé son cadre juridique, renforcé les moyens de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) et amélioré la coordination entre institutions nationales impliquées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Un engagement politique affirmé
Au nom du ministre des Finances, empêché, le directeur de cabinet Alain Malata a conduit la délégation congolaise et prononcé un discours très applaudi lors du Conseil des ministres de l’ESAAMLG, le 29 août. Il a salué cette intégration comme une marque de confiance de la communauté internationale vis-à-vis des réformes entreprises par la RDC.

La délégation congolaise s’est illustrée par sa rigueur et son implication. Adler Kisula Betika Yeye, secrétaire exécutif de la CENAREF, a joué un rôle déterminant dans les discussions techniques et bilatérales, convainquant les autres États membres de la solidité de la candidature congolaise.
Les avantages pour la RDC
En tant que membre à part entière, la RDC bénéficiera de plusieurs opportunités stratégiques :
• un cadre structuré d’assistance technique et de formation spécialisée ;
• une participation active aux mécanismes d’évaluation mutuelle entre pays membres ;
• le renforcement des capacités opérationnelles de ses institutions financières ;
• un accès élargi aux réseaux de coopération régionale et aux cellules de renseignements financiers ;
• une place dans l’élaboration et l’harmonisation des politiques régionales contre la criminalité financière.
Vers plus de crédibilité internationale
L’intégration à l’ESAAMLG intervient dans un contexte régional marqué par la porosité des frontières et la sophistication croissante des réseaux criminels. Elle représente pour la RDC un levier essentiel pour consolider la transparence financière, améliorer la gouvernance et renforcer la confiance des investisseurs.
Cette adhésion constitue également un pas supplémentaire dans la stratégie nationale visant la sortie de la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI), condition clé pour mobiliser davantage d’investissements et accéder à l’assistance technique multilatérale.
Avec ce nouveau statut, la RDC confirme sa volonté de bâtir un système financier solide, stable et conforme aux standards internationaux.
Joséphine Mawete


