Dans un pays où l’éducation et la transmission du savoir façonnent l’avenir, le parcours d’Espérance Bayedila Bakanda se distingue comme une source inépuisable d’inspiration.
Première femme congolaise à obtenir un doctorat en sciences de l’information et de la communication (SIC) en Afrique Centrale, elle incarne l’excellence académique et le combat pour la valorisation du rôle des femmes dans un secteur traditionnellement dominé par les hommes.
Un parcours académique remarquable
Née le 23 mars 1965 à Kinshasa dans une famille nombreuse, Espérance Bayedila a toujours eu le goût du défi.
Ses études, commencées au Lycée Bosangani puis au Lycée Motema Mpiko, constituent le prélude à une carrière qui marquera l’histoire de l’enseignement supérieur en RDC.
Après avoir obtenu son diplôme d’État en pédagogie générale dans les années 1980, elle se lance dans des études supérieures à l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information (ISTI), aujourd’hui Universitédes Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), où elle se spécialise dans des domaines alors rares pour les femmes : le journalisme politique extérieur et la critique littéraire radiotélévision.
C’est également durant cette période qu’elle débute sa carrière à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), forgeant ainsi sa réputation par son talent, sa persévérance et son engagement.
L’année 1990 marque un tournant décisif lorsque, lors d’une consultation populaire, sa prise de parole audacieuse attire l’attention du Président Mobutu Sese Seko.
« Je n’avais pas vraiment conscience de ce que je faisais. Je ne pouvais pas rentrer chez moi tout en sachant qu’il y a des gens qui souffrent… » confie-t-elle avec humilité, illustrant le courage qui a guidé ses engagements ultérieurs.
La docteure des Sciences de l’Information et de la Communication
Forte de ses expériences professionnelles et de sa soif de connaissance, Espérance Bayedila poursuit une thèse ambitieuse intitulée « La reproduction du statut de la femme en République Démocratique du Congo ». Ce travail, qui lui permet d’obtenir le titre de Docteure en SIC, est par la suite publié en 2014 aux éditions L’Harmattan.
Cet ouvrage analytique décortique les mécanismes et les clichés médiatiques qui entravent l’ascension des femmes dans la société congolaise. Plus qu’un simple plaidoyer féministe, il s’agit d’une étude rigoureuse qui invite à repenser le rôle des médias dans la construction des identités de genre.
Une vie consacrée à l’enseignement, à la recherche et la communication publique
Après l’obtention de son doctorat, Espérance Bayedila choisit de se consacrer pleinement à l’enseignement. Elle devient ainsi la première femme professeure en Sciences de l’Information et de la Communication en Afrique centrale et intègre l’UNISIC, où elle exerce aujourd’hui les fonctions de doyenne de la faculté des Communication publique et développement.
Pour elle, transmettre le savoir ne se limite pas à une simple opération pédagogique :
« J’enseigne, mais je ne transmets pas seulement l’intelligence à mes étudiants. Je leur communique aussi des valeurs essentielles, avec tout mon cœur et ma sensibilité de femme professeure. »
Son engagement va bien au-delà des salles de classe. Elle encadre de nombreux mémoires et travaux de fin d’études, participe activement aux comités d’encadrement de thèses et contribue à l’évolution des SIC en RDC par ses recherches et ses plaidoyers.
Parallèlement à sa carrière académique, elle occupe actuellement le poste de conseillère en communication du ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, où elle met son expertise au service de la promotion et de l’amélioration de l’enseignement supérieur en RDC.
Sa rigueur, sa bienveillance et son franc-parler ont fait d’elle une véritable figure maternelle pour des générations d’étudiants en quête de réussite et d’émancipation.
Un engagement inébranlable pour la promotion de la femme
Consciente des obstacles que rencontrent les femmes dans le monde académique et professionnel, Espérance Bayedila s’est donnée pour mission de promouvoir le statut de la femme dans tous les domaines. Son ouvrage majeur met en lumière les stéréotypes et les inégalités structurelles qui freinent l’ascension féminine, appelant à une éducation dès le plus jeune âge pour instaurer une véritable complémentarité entre garçons et filles.
Son action ne passe pas inaperçue : elle collabore avec des organisations telles que le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Droits de la Femme (RJPF) et ONU Femmes RDC, renforçant ainsi son rôle d’ambassadrice de la cause féminine en milieu académique et médiatique.
Un modèle inspirant pour les générations futures
Espérance Bayedila Bakanda est bien plus qu’une académicienne de renom. Son parcours, jalonné de défis surmontés et de victoires obtenues par la force de la détermination, est un vibrant message d’espoir pour toutes les jeunes filles congolaises.
Son engagement à transmettre des valeurs et à former des citoyens critiques et responsables demeure un héritage précieux pour une société en quête de justice et de progrès.
En cette période où le mois de mars célèbre la femme dans toutes ses dimensions, son histoire éclaire le chemin à suivre pour les générations futures, prouvant qu’avec le courage et le travail, il est possible de briser les barrières et d’atteindre des sommets insoupçonnés.
Espérance Bayedila Bakanda reste une icône de la réussite et de l’innovation en RDC. À travers son engagement inlassable pour l’éducation, la recherche et la promotion des droits des femmes, ainsi que son rôle stratégique en tant que conseillère en communication au sein du ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, elle incarne l’essence même de l’excellence académique.
Son parcours inspirant continue de redéfinir les contours de la communication et de l’enseignement supérieur en Afrique centrale, faisant d’elle une pionnière dont l’héritage perdurera dans les mémoires.
Ce portrait met en lumière non seulement une femme d’exception, mais aussi une visionnaire dont l’impact sur le paysage académique, médiatique et institutionnel congolais est incommensurable.
Lydia Mangala


