Des agents de l’Inspection générale de la Police nationale congolaise (IG PNC) ont mené, le vendredi 17 avril, une vaste opération de contrôle dans plusieurs centres de détention à Kinshasa. Cette initiative, lancée par l’inspecteur général de la PNC, le commissaire divisionnaire principal Philémon Patience Mushid Yav, visait à vérifier le respect des droits des personnes détenues ainsi que la conformité des procédures judiciaires.
Cette descente s’inscrit dans un contexte marqué par une multiplication des signalements relatifs aux conditions de détention et au respect des droits humains dans les cellules de garde à vue.
Les équipes de l’IG PNC ont été déployées simultanément à l’état-major du commissariat provincial ainsi que dans les quatre districts de Kinshasa : Lukunga, Funa, Mont-Amba et Tshangu.
Selon les responsables de l’inspection, cette opération poursuivait trois objectifs principaux entre autres évaluer l’état des cellules, vérifier le respect des délais légaux de garde à vue avant présentation au parquet, et examiner immédiatement les cas d’abus ou d’irrégularités constatés sur place.
Sur le terrain, les inspecteurs ont procédé à l’examen des registres d’écrou, à l’audition des détenus et à des échanges avec les responsables des unités concernées.
Plusieurs manquements ont été relevés, notamment des dépassements du délai légal de garde à vue, fixé à 48 heures avant comparution devant le procureur.
« Nous avons relevé des situations d’arrestations arbitraires liées au dépassement du délai légal. À l’état-major du commissariat urbain, sept cas ont été identifiés et cinq personnes ont été libérées immédiatement. Les officiers de police judiciaire impliqués ont été interpellés ou convoqués », a précisé l’inspecteur Jean-Claude Tshibuyanga.
Des cas similaires ont été observés dans plusieurs commissariats et unités, notamment au sein des groupes mobiles d’intervention, entraînant d’autres libérations immédiates.
À l’issue de cette opération, les personnes détenues sans base légale ont été remises en liberté. Un rapport détaillé, comprenant les constats et les recommandations, sera transmis au ministre de l’Intérieur.
Ce document devrait servir de base à la mise en place de nouvelles mesures visant à renforcer le respect des procédures judiciaires et à améliorer les conditions de détention dans les structures policières de la capitale.
Joëlle Luniongo


