La qualification de la République démocratique du Congo pour la phase finale de la Coupe du Monde, 52 ans après, ne restera pas seulement comme une ligne de plus au palmarès des Léopards. Elle pourrait marquer un véritable tournant historique, à en croire le message vibrant de Cédric Bakambu.
L’attaquant vedette, au-delà de ses performances sur le terrain, s’est mué en porte-voix d’une jeunesse en quête d’horizon. Son message publié sur les réseaux sociaux résonne comme un véritable manifeste.
« C’est une opportunité pour nous tous de nous rassembler, de nous investir, de moderniser nos infrastructures sportives, d’accompagner notre jeunesse et de faire rayonner le sport en RDC. L’avenir commence aujourd’hui », a-t-il lancé.

La RDC est une nation de football par essence. Des exploits du TP Mazembe aux épopées des Léopards (1968, 1974), le talent congolais constitue une ressource inépuisable, exportée dans les plus grands championnats européens. Pourtant, paradoxalement, ce géant sportif continue d’évoluer sur des infrastructures souvent inadaptées.
L’heure est donc au diagnostic, avec la franchise suggérée par Bakambu. En réalité, la RDC ne dispose pas encore d’installations à la hauteur de son potentiel. Évoluer sur des pelouses précaires ou dans des stades aux équipements vétustes n’est plus seulement un frein technique mais plutôt une entrave au rayonnement d’un pays considéré comme une grande nation de football.

Le constat de l’international congolais interpelle directement les décideurs. Dans un pays aux immenses ressources naturelles, le budget alloué au sport ne devrait plus être une variable d’ajustement, mais un investissement stratégique. La modernisation des stades, la construction de centres de formation et la structuration du secteur sportif ne doivent plus être perçues comme des dépenses, mais comme des leviers de développement.
Le message de l’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille met également en lumière un enjeu majeur : l’accompagnement de la jeunesse. En RDC, le football représente souvent l’un des rares ascenseurs sociaux. Négliger les infrastructures, c’est fermer la porte à des milliers de jeunes qui voient dans le sport une voie de dignité et de réussite.
La modernisation du secteur n’est donc pas un luxe, mais une nécessité pour limiter la fuite des talents précoces et professionnaliser davantage le championnat national, notamment la Linafoot.
Si les décideurs se contentent de célébrer les victoires sans bâtir les fondations de l’avenir, le réveil pourrait être brutal. Le message de Bakambu apparaît ainsi comme une main tendue, mais aussi comme une mise en garde. Il est temps que l’action politique soit à la hauteur du talent des joueurs.
Car, pour que ce rayonnement ne soit pas éphémère, mais durable, une chose est certaine : l’avenir ne s’attend pas, il se construit dès aujourd’hui.
Josaphat Mayi


