Prenant part au panel consacré à la justice, à la mémoire et à la responsabilité internationale face aux violences commises en République démocratique du Congo, Me Joëlle Mbamba Kona, vice-présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a appelé à un renforcement des mécanismes de protection des victimes et à une mobilisation accrue des institutions en faveur des survivantes.
Intervenant lors de la projection-débat « Amplifier les voix des survivantes », organisée au Sénat français par Afia Mama ASBL et le Groupe interparlementaire d’amitié France–Afrique centrale, la responsable de la CNDH a rappelé que les violences sexuelles liées aux conflits demeurent l’une des violations les plus graves des droits humains en RDC.
Mettre les droits des victimes au centre des politiques publiques
Dans son intervention, Me Joëlle Mbamba Kona a souligné que la reconnaissance des souffrances des survivantes doit s’accompagner de mesures concrètes garantissant leurs droits fondamentaux.
Selon elle, les victimes ne doivent pas uniquement être considérées comme des bénéficiaires d’assistance, mais comme des citoyennes ayant droit à la justice, à la réparation, à la protection et à la dignité.
« Les survivantes doivent être placées au cœur des mécanismes de réponse et de protection mis en œuvre par l’État », a-t-elle affirmé.
Pour la vice-présidente de la CNDH, la lutte contre les violences sexuelles doit être abordée comme une question de droits humains nécessitant une approche globale et coordonnée.
Le rôle de la CNDH dans la défense des victimes

Me Joëlle Mbamba Kona a rappelé les missions de la Commission nationale des droits de l’homme dans le suivi des violations des droits fondamentaux, la documentation des abus et le plaidoyer en faveur des victimes.
Elle a expliqué que l’institution joue un rôle important dans l’accompagnement des survivantes à travers la sensibilisation, l’orientation vers les structures compétentes et la promotion de politiques publiques respectueuses des droits humains.
Face à la persistance des violences dans plusieurs provinces du pays, la CNDH poursuit également ses efforts de monitoring afin d’alerter les autorités nationales et les partenaires internationaux sur la situation des populations affectées.
Combattre le silence et la stigmatisation

La vice-présidente de la CNDH a particulièrement insisté sur les conséquences sociales auxquelles sont confrontées de nombreuses survivantes après les violences.
Au-delà des traumatismes physiques et psychologiques, beaucoup continuent de subir le rejet, la discrimination ou l’exclusion au sein de leurs communautés.
Pour elle, la lutte contre les violences sexuelles passe également par un changement des mentalités et une remise en cause des préjugés qui empêchent encore certaines victimes de dénoncer les crimes dont elles ont été victimes.
« Il est essentiel de créer un environnement où les survivantes peuvent parler sans peur, être écoutées et accompagnées », a-t-elle souligné.
Renforcer les partenariats pour une réponse durable
Me Joëlle Mbamba Kona a également mis en avant l’importance de la collaboration entre institutions publiques, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers et organisations internationales.
Selon elle, aucun acteur ne peut, à lui seul, répondre à l’ampleur des défis posés par les violences sexuelles liées aux conflits.
Elle a salué le travail réalisé sur le terrain par les associations féminines, les défenseurs des droits humains et les structures d’accompagnement qui soutiennent quotidiennement les survivantes et promeuvent leurs droits.
Faire entendre la voix des survivantes
En participant à cette rencontre organisée au Sénat français, la représentante de la CNDH a réaffirmé l’importance de porter la voix des victimes au-delà des frontières de la RDC.
Elle a estimé que la reconnaissance internationale des souffrances des survivantes constitue un levier important pour renforcer les mécanismes de justice et de réparation.
Pour Me Joëlle Mbamba Kona, la protection des droits des femmes victimes de violences sexuelles ne doit pas être perçue comme une question secondaire, mais comme une condition essentielle à la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de l’État de droit en RDC.
Son intervention s’inscrit dans le prolongement des appels lancés tout au long de cette soirée-débat organisée par Afia Mama ASBL et le Sénat français en faveur d’une mobilisation collective pour mettre fin à l’impunité et garantir aux survivantes justice et dignité.
Joséphine Mawete


