Au Sénat français, lors de la projection-débat organisée par Afia Mama ASBL et le Sénat français, consacrée à la lutte contre les violences sexuelles et l’impunité en République démocratique du Congo, la sénatrice Dominique Vérien a plaidé pour une mobilisation internationale plus forte afin de protéger les femmes et les filles victimes des conflits armés.
Présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes du Sénat français, l’élue a participé au panel consacré à la justice, à la mémoire et à la responsabilité internationale face aux violences commises en RDC.
Une violence qui dépasse les victimes directes

Dans son intervention, Dominique Vérien a rappelé que les violences sexuelles utilisées dans les conflits armés ne visent pas uniquement les personnes qui en sont directement victimes.
Selon elle, ces crimes ont des conséquences profondes sur les familles, les communautés et l’ensemble du tissu social.
« Lorsqu’une femme est violée dans un contexte de guerre, c’est souvent toute une communauté qui est visée », a-t-elle souligné.
La sénatrice a insisté sur le fait que le viol de guerre constitue une stratégie de domination destinée à semer la peur, détruire les liens sociaux et affaiblir durablement la résilience des populations.
Une réalité observée dans plusieurs conflits dans le monde
Dominique Vérien a rappelé que les violences sexuelles ont été utilisées dans de nombreux conflits contemporains, bien au-delà du continent africain.
Des Balkans à l’Ukraine, en passant par le Soudan et d’autres zones de guerre, ces crimes continuent d’être employés comme instruments de terreur et de déstabilisation.
Pour l’élue française, cette réalité démontre que la lutte contre les violences sexuelles en période de conflit doit être considérée comme une priorité universelle en matière de droits humains.
Renforcer la justice et la protection des victimes
La présidente de la Délégation aux droits des femmes a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes judiciaires capables de poursuivre les auteurs de ces crimes.
Selon elle, l’impunité demeure l’un des principaux obstacles à l’éradication des violences sexuelles dans les zones de conflit.
Elle a plaidé pour une meilleure coopération entre les États, les juridictions nationales et les instances internationales afin que les auteurs de crimes graves répondent de leurs actes.
Dominique Vérien a également appelé à améliorer la protection des victimes et des témoins, condition indispensable pour permettre aux survivantes de dénoncer les violences subies sans craindre de représailles.
Placer les survivantes au centre des réponses
L’élue française a salué le courage des femmes congolaises qui continuent de témoigner malgré les traumatismes, les menaces et la stigmatisation auxquelles elles sont confrontées.
Pour elle, les survivantes ne doivent pas être réduites à leur statut de victimes mais reconnues comme des actrices essentielles de la reconstruction de leurs communautés.
« Elles portent des expériences, des propositions et une capacité de résilience qui doivent être entendues et valorisées », a-t-elle affirmé.
Cette approche rejoint le thème même de la rencontre organisée au Sénat : donner une visibilité accrue à celles dont les voix demeurent trop souvent absentes des espaces de décision.
Une responsabilité politique et morale
Dominique Vérien a enfin appelé les responsables politiques à ne pas détourner le regard face aux souffrances des populations touchées par les conflits.
Selon elle, les institutions démocratiques ont la responsabilité de soutenir les initiatives visant à promouvoir la justice, la réparation et la protection des droits fondamentaux.
Elle a salué l’engagement des organisations congolaises de défense des droits des femmes ainsi que le travail réalisé par les structures d’accompagnement des survivantes sur le terrain.
Faire de la solidarité un engagement durable
En conclusion, la sénatrice a invité les participants à poursuivre les efforts engagés au-delà de cette rencontre organisée au Sénat français.
Pour elle, la solidarité envers les survivantes doit se traduire par des actions concrètes, un soutien durable aux mécanismes de justice et un accompagnement renforcé des victimes.
Son intervention a rappelé que la lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre constitue un combat universel qui concerne l’ensemble de la communauté internationale.
À travers cet appel, Dominique Vérien a réaffirmé la volonté du Sénat français de maintenir cette question au cœur des débats sur les droits humains et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Joséphine Mawete


