Dans un contexte où la République démocratique du Congo renforce progressivement ses mécanismes de régulation économique et de promotion du contenu local, la nomination de Ted Beleshayi Kasanda à la direction générale de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) marque un tournant stratégique.
Nommé par ordonnance présidentielle lue à la télévision nationale le 3 juin 2026, il succède à Miguel Kashal Katemb et prend les commandes d’une institution devenue centrale dans la structuration des relations entre grandes entreprises et opérateurs locaux.
Un profil de technocrate forgé dans l’audit et la rigueur financière
Expert-comptable de formation et diplômé en sciences économiques et de gestion de l’Université de Kinshasa, Ted Beleshayi s’est construit un parcours solide dans l’univers de la finance et du contrôle.
Son entrée dans le monde professionnel se fait au sein du cabinet international KPMG, où il participe à plusieurs missions d’audit en RDC et à l’étranger. Il y gravit progressivement les échelons jusqu’au poste de senior auditeur financier, développant une expertise reconnue en audit, fiscalité et contrôle de gestion.
Plus tard, il rejoint l’Inspection générale des finances (IGF), un passage qui renforce davantage son image de technocrate attaché à la transparence et à la bonne gouvernance. Dans cette institution, il prend part à des missions de contrôle et d’évaluation des finances publiques, au cœur des enjeux de gestion de l’État.
Un engagement politique assumé au sein de l’UDPS
Outre son profil technique, Ted Beleshayi s’est également illustré sur la scène politique congolaise. Militant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) depuis 2011, il s’est rapidement imposé comme une figure active de la jeunesse du parti.
Il a notamment occupé les fonctions de Secrétaire exécutif national de la Ligue des jeunes de l’UDPS, contribuant à la mobilisation et à l’encadrement des militants. En 2016, il devient Secrétaire général du Rassemblement de l’opposition (RASSOP), où il coordonne plusieurs actions politiques de la plateforme.
Son parcours politique est également marqué par la création de structures de jeunesse et d’encadrement citoyen, traduisant une volonté constante d’impliquer les jeunes dans la vie publique.
L’ARSP, un levier stratégique pour l’économie nationale
Sa nomination intervient à un moment clé pour l’ARSP, institution chargée de réguler la sous-traitance dans le secteur privé et de promouvoir l’accès des entreprises congolaises aux marchés.
Le défi est de taille. Le secteur de la sous-traitance en RDC, bien que stratégique, reste encore fortement dominé par certains secteurs, notamment les mines, avec une concentration importante des contrats et une présence limitée des entreprises locales dans plusieurs chaînes de valeur.
L’ARSP est ainsi appelée à renforcer les mécanismes de contrôle, lutter contre les pratiques irrégulières et encourager une meilleure redistribution des opportunités économiques.
Un leadership attendu sur la réforme et la transparence
Avec un parcours combinant expertise technique, expérience dans le contrôle financier et engagement politique, Ted Beleshayi arrive à la tête de l’ARSP avec de fortes attentes.
Son profil est perçu par plusieurs observateurs comme celui d’un gestionnaire rigoureux, habitué aux enjeux de transparence et de gouvernance économique, capable d’insuffler une nouvelle dynamique à une institution stratégique.
Dans ses nouvelles fonctions, il devra notamment relever trois défis majeurs : renforcer l’application effective de la loi sur la sous-traitance, élargir les opportunités pour les entreprises congolaises et consolider la contribution du secteur à l’économie nationale.
Une nouvelle étape dans un parcours déjà marqué par la rigueur
De l’audit international à la supervision des finances publiques, en passant par l’engagement politique, le parcours de Ted Beleshayi démontre celui d’un technocrate ancré dans les enjeux de son époque.
Sa nomination à la tête de l’ARSP ouvre désormais un nouveau chapitre, où expertise, gouvernance et impact économique seront au cœur de son action.
Dans un secteur en pleine mutation, les attentes sont élevées. Et les défis, eux, déjà bien définis.
Lydia Mangala


