Paris, 27 mai 2026. Présent au Palais du Luxembourg à l’occasion de la projection-débat « Amplifier les voix des survivantes », le ministre des Droits humains de la République démocratique du Congo, Samuel Mbemba Tanda Kabuya, a plaidé pour une mobilisation internationale accrue en faveur des victimes des violences liées aux conflits armés qui frappent l’Est du pays depuis plus de trois décennies.
Invité aux côtés de parlementaires français et congolais, de représentants d’institutions publiques et d’organisations de défense des droits humains, le membre du gouvernement congolais a salué l’initiative portée par Afia Mama ASBL et le Groupe interparlementaire d’amitié France–Afrique centrale du Sénat français.
Pour le ministre, cette rencontre constitue une tribune importante permettant de porter au niveau international la voix des survivantes et d’attirer l’attention sur les conséquences humaines de l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC.
La reconnaissance des souffrances des victimes
Dans son intervention, Samuel Mbemba a rappelé que les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre continuent de détruire des milliers de vies et de fragiliser durablement les communautés affectées.
Il a souligné que derrière les statistiques se trouvent des femmes, des enfants et des familles confrontés à des traumatismes profonds nécessitant une réponse globale allant au-delà de la seule assistance d’urgence.
Selon lui, la reconnaissance des souffrances des victimes constitue une étape essentielle dans la quête de justice et de réparation.
« Les survivantes doivent être placées au centre des réponses institutionnelles et des politiques publiques », a-t-il insisté.
L’engagement du gouvernement congolais

Le ministre des Droits humains a également présenté les efforts entrepris par les autorités congolaises pour renforcer la lutte contre l’impunité et améliorer la prise en charge des victimes.
Il a notamment mis en avant les réformes juridiques adoptées ces dernières années pour criminaliser davantage les violences sexuelles, renforcer les poursuites judiciaires et faciliter l’accès des victimes à la justice.
Samuel Mbemba a également salué le rôle joué par les institutions nationales engagées dans la réparation et la protection des victimes, notamment le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) ainsi que la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Pour une responsabilité internationale partagée
Face à la persistance des violences dans plusieurs territoires de l’Est du pays, le ministre a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien aux mécanismes de justice et de protection des droits humains.
Selon lui, la lutte contre les violences sexuelles ne peut être dissociée de la recherche de la vérité sur les crimes commis en RDC ni de la nécessité de poursuivre les auteurs, quels qu’ils soient.
Il a également insisté sur l’importance d’une coopération internationale plus étroite afin de mettre fin aux réseaux qui alimentent les conflits et contribuent à l’exploitation illicite des ressources naturelles dans les zones touchées par l’insécurité.
Porter la voix des survivantes au-delà des frontières
La participation de Samuel Mbemba à cette soirée organisée au Sénat français s’inscrivait dans une volonté de faire entendre la voix des victimes congolaises au sein des institutions internationales et auprès des décideurs politiques.
Le ministre a salué le travail des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains et des structures d’accompagnement qui œuvrent quotidiennement auprès des survivantes malgré des conditions souvent difficiles.
À travers cette rencontre, il a réaffirmé l’engagement du gouvernement congolais à poursuivre ses efforts pour garantir la justice, la réparation et la dignité des victimes, tout en appelant les partenaires internationaux à soutenir davantage les initiatives visant à construire une paix durable dans la région des Grands Lacs.
La soirée s’est poursuivie avec la projection du documentaire réalisé par Afia Mama ASBL ainsi qu’un panel réunissant des experts congolais et français autour des questions de justice, de mémoire et de responsabilité internationale face aux violences commises en République démocratique du Congo.
Joséphine Mawete


