Le verdict est tombé. Sur les canaux officiels de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), Sébastien Desabre a dévoilé la liste des 26 Léopards retenus pour la phase finale de la Coupe du Monde 2026. Pour ce rendez-vous historique, le technicien français a balayé les fantasmes de révolution et est resté fidèle à sa logique managériale.
Le sélectionneur national a choisi de reconduire la quasi-totalité de l’ossature qui a porté la République démocratique du Congo lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. À quelques ajustements près, notamment le retour de Yoane Wissa à la place de Michel-Ange Balikwisha, Desabre applique une recette bien connue : on prend les mêmes et on recommence.
Cette liste sous le sceau de la stabilité. Elle confirme le statut des cadres, à l’image de Théo Bongonda, devenu indispensable dans l’animation offensive. Ce conservatisme n’est pas une surprise pour les observateurs attentifs. En avril dernier, lors d’un entretien accordé à Afrik Foot, le patron des Léopards avait déjà prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à de profonds changements.
Sébastien Desabre fait confiance à ses « soldats ». Il privilégie le vécu collectif et les automatismes d’un groupe qui a appris à souffrir ensemble. Les retours de Gaël Kakuta et de Gédéon Kalulu confirment cette volonté de s’appuyer sur des certitudes plutôt que sur des paris.
La cohésion d’un groupe se forge dans la durée. Modifier les équilibres à la veille d’un Mondial constitue souvent un pari à haut risque. Pourtant, ce choix de la sécurité suscite des débats légitimes au sein du public congolais. La Coupe du Monde, sommet du football planétaire, exige parfois un saut qualitatif immédiat. Dans cette perspective, l’intégration de nouveaux profils offensifs aurait pu apporter une plus-value à cette sélection. Le staff technique a toutefois préféré fermer la porte aux opportunités de dernière minute.
Cette décision écarte de fait certaines promesses d’avenir à court terme. Le jeune Jorthy Mokio devra, par exemple, patienter avant de découvrir les joutes internationales majeures. Desabre sacrifie ainsi l’audace de la nouveauté sur l’autel de la solidarité défensive et de la rigueur tactique.
Le sélectionneur national prend ici un pari fort. En verrouillant son groupe, il assume pleinement la responsabilité des résultats à venir avec des joueurs qu’il connaît parfaitement. Les Léopards aborderont le Mondial avec la force d’un collectif soudé, forgé par des mois de combats communs.
La compétition dira si cette fidélité aux principes de la CAN suffira pour bousculer la hiérarchie mondiale ou si le manque de sang neuf limitera le potentiel de progression de la sélection. Sébastien Desabre a tranché : sa logique est claire. Les hommes de base écriront l’histoire.
Josaphat Mayi


