Face à la paralysie prolongée de la Route Nationale n°1 (RN1), axe vital reliant Kinshasa au port de Matadi, les autorités ont décidé une mesure d’urgence. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a ordonné, le samedi 16 mai 2026, la suspension exceptionnelle des frais de péage à Kasangulu pour une durée de 48 heures. Une décision présentée comme un levier immédiat pour fluidifier un trafic totalement engorgé depuis près de deux semaines.
Depuis plus de quatorze jours, le tronçon Kinshasa–Kasangulu est saturé. Des milliers de camions, transportant denrées alimentaires, carburant et biens manufacturés, sont immobilisés dans des embouteillages interminables.
Cette situation, qualifiée de « critique » par les autorités, résulte d’une combinaison de facteurs entre autres travaux de réhabilitation de la chaussée en cours, et limites structurelles d’un système de péage encore largement manuel, incapable de gérer un flux routier en constante augmentation.
Sur le terrain, l’impact est immédiat avec le ralentissement de la chaîne d’approvisionnement, la hausse des coûts logistiques et le risque de tensions sur les prix des produits dans la capitale.
Selon les autorités, la suspension temporaire du péage vise à rétablir la fluidité du trafic entre le port de Matadi et la capitale congolaise.
Le gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’État et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a estimé que le manque à gagner fiscal de ces 48 heures reste marginal face aux pertes économiques générées par l’asphyxie de la RN1.
L’enjeu est d’éviter une rupture durable de la chaîne d’approvisionnement de Kinshasa, véritable poumon économique du pays.
Si cette mesure d’exception apporte un soulagement immédiat, elle met surtout en lumière la vulnérabilité des infrastructures routières nationales.
Le blocage de la RN1 révèle des défis persistants entre autres gestion des chantiers sur des axes stratégiques, manque de digitalisation du système de péage et insuffisance de coordination dans la régulation du trafic lourd.
Pour plusieurs observateurs, cette crise illustre une réalité plus profonde : la modernisation des routes ne peut être dissociée de celle de l’administration et des outils de gestion du transport.
Sur le terrain, les transporteurs espèrent un retour rapide à la normale. La mesure de gratuité temporaire devrait permettre un désengorgement progressif dès les prochaines heures.
Par dessus le répit, la question de fond demeure : comment éviter que la RN1, corridor stratégique reliant le principal port d’importation du pays à sa capitale, ne replonge régulièrement dans de telles situations de blocage ?
La fluidité attendue à Kasangulu sera scrutée de près par les opérateurs économiques et les usagers. Si cette décision démontre la capacité de réaction rapide du gouvernement face à une crise logistique majeure, elle rappelle aussi l’urgence d’investissements structurels durables. Car sur la RN1, chaque jour d’arrêt se traduit en pertes économiques considérables pour l’ensemble de la chaîne nationale d’approvisionnement.
En attendant la fin des 48 heures de suspension, les autorités misent sur un retour progressif à la normale. Mais pour de nombreux acteurs économiques, cette crise restera un signal d’alarme sur l’état critique des infrastructures routières en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


