La République démocratique du Congo fait de nouveau face à une menace sanitaire majeure. Lors d’un briefing spécial organisé ce mardi sur la chaîne nationale Radio-Télévision Nationale Congolaise autour du thème « 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte », plusieurs membres du gouvernement ainsi que des experts de la santé ont dressé un état des lieux préoccupant de la situation épidémiologique dans le pays.
Autour du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, du ministre de la Santé publique Samuel Roger Kamba et du virologue Jean-Jacques Muyembe Tamfum, les autorités ont tenu à rassurer la population tout en appelant à une vigilance maximale face à cette nouvelle flambée du virus Ebola.
Une situation jugée préoccupante

Prenant la parole, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a révélé des chiffres alarmants concernant l’évolution de l’épidémie dans certaines zones de l’Est du pays.
« Nous avons enregistré 131 décès dans les zones touchées, mais tous ne sont pas forcément attribuables à Ebola. Ce sont des décès suspects et des enquêtes sont en cours pour déterminer ceux qui sont réellement liés à la maladie », a-t-il déclaré.
Selon les données présentées, plus de 500 cas suspects auraient déjà été recensés dans plusieurs zones sous surveillance, notamment en Ituri et au Nord-Kivu, épicentres de cette 17ᵉ épidémie déclarée officiellement le 15 mai.
Le ministre a également précisé que cette nouvelle flambée serait liée à la souche Bundibugyo, réputée moins létale que la souche Zaïre, tout en rappelant que la RDC dispose désormais d’une expérience solide dans la gestion des crises sanitaires liées à Ebola.
Patrick Muyaya appelle à éviter la panique

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a insisté sur l’importance de la communication dans la lutte contre la désinformation et les rumeurs qui accompagnent souvent les épidémies.
Il a appelé la population à faire preuve de responsabilité et à ne se fier qu’aux informations officielles.
« Nous devons combattre non seulement le virus, mais aussi les fausses informations qui créent la peur et compliquent le travail des équipes médicales », a-t-il reconnu.
Le ministre a également souligné que le gouvernement suit l’évolution de la situation heure par heure et que plusieurs dispositifs de communication de crise ont été activés afin de sensibiliser les communautés locales.
Jean-Jacques Muyembe met en garde contre les croyances mystiques
Le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum a exprimé son inquiétude face au retard dans le signalement de certains cas au niveau communautaire.
Il a indiqué que certaines familles auraient tardé à alerter les autorités sanitaires en raison de croyances traditionnelles ou mystiques autour de la maladie.
Selon lui, cette situation favorise la propagation du virus et complique le travail des équipes de riposte.
Le scientifique a néanmoins rassuré sur les capacités techniques du pays à faire face à cette nouvelle crise sanitaire, grâce à l’expérience accumulée lors des précédentes épidémies.
Des mesures de riposte renforcées

Le gouvernement a détaillé plusieurs mesures déjà mises en place pour contenir la maladie, notamment le déploiement rapide des équipes médicales dans les zones affectées, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la recherche active des cas contacts, l’installation de centres spécialisés de prise en charge, la sensibilisation des populations locales ainsi que le renforcement des dispositifs de contrôle sanitaire
Plusieurs zones de santé font actuellement l’objet d’une surveillance renforcée, notamment Mongbwalu, Rwampara, Bunia, Nyankunde, Butembo-Katwa ainsi que la ville de Goma.
Félix Tshisekedi impliqué dans le suivi de la crise
La gravité de la situation a poussé le président de la République Félix Tshisekedi à convoquer une réunion de crise à la résidence présidentielle du Mont Ngaliema.
Autour du Chef de l’État, plusieurs responsables gouvernementaux et experts sanitaires ont évalué l’évolution de la maladie et les stratégies à renforcer pour éviter une catastrophe sanitaire majeure.
Une population appelée à la vigilance

Le gouvernement a tenu à envoyer un double message : rassurer la population sur les capacités de riposte du pays tout en appelant à une vigilance absolue.
Les autorités sanitaires recommandent notamment de signaler rapidement tout symptôme suspect, d’éviter les contacts avec les personnes malades, de respecter les consignes des équipes médicales et de ne pas céder aux rumeurs et fausses informations
Alors que la RDC affronte sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et limiter la propagation du virus dans les provinces touchées.
Ben Mandjolo


