La Haute Cour militaire a ouvert, jeudi 4 juin à Kinshasa, le procès de dix personnes, parmi lesquelles figurent six généraux, trois colonels et un civil, poursuivis pour de graves infractions liées à la sûreté de l’État et à la discipline militaire. Les prévenus sont notamment accusés de complot, de trahison, d’apologie du terrorisme, de désertion à l’étranger et d’incitation de militaires à manquer à leurs devoirs.
Parmi les accusés figure le général d’armée Christian Tshiwewe. Selon l’acte d’accusation lu devant la juridiction, il aurait, avec plusieurs coaccusés, participé à un complot armé visant à renverser le régime constitutionnel. Trois des prévenus sont actuellement en fuite et sont poursuivis par défaut.
L’ancien chef d’état-major général des FARDC est également poursuivi pour la détention présumée d’un important arsenal découvert lors d’une perquisition menée le 9 juillet 2025 à sa résidence de la Gombe. Selon l’accusation, 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, 12 lance-roquettes RPG-7 ainsi que plusieurs milliers de munitions y avaient été saisis. Le ministère public estime que ces éléments renforcent les soupçons de préparation d’une action armée.
L’ouverture du procès a suscité un vif intérêt au sein de l’opinion publique et des milieux militaires. Les charges retenues contre Christian Tshiwewe portent notamment sur une tentative présumée de coup d’État, la détention illégale d’armes de guerre et un complot contre les institutions de la République.
Le dossier comporte également d’autres accusations particulièrement sensibles, dont une présumée tentative d’assassinat du chef de l’État ainsi que des allégations de collusion avec des officiers rwandais. Par ailleurs, plusieurs officiers supérieurs, dont les généraux Ntumba, Ndaywel et Katende, sont cités dans une affaire distincte liée à la chute de Goma et Bukavu. Ils sont soupçonnés d’avoir empêché leurs troupes d’engager le combat et d’avoir communiqué des informations stratégiques.
À l’issue de cette première audience, la Haute Cour militaire a décidé de renvoyer l’affaire au 25 juin 2026 pour la poursuite de l’instruction et l’examen approfondi des charges retenues contre les différents prévenus.
Ce procès intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo et par une attention accrue portée aux responsabilités des hauts responsables militaires.
Joëlle Luniongo


