Face à la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a fait le point ce Jeudi 4 Juin sur la situation lors d’un briefing spécial animé par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie, les autorités sanitaires font état de 381 cas confirmés et de 63 décès. La province de l’Ituri demeure la plus touchée, concentrant l’essentiel des infections recensées jusqu’à présent.
Malgré ces chiffres préoccupants, le gouvernement assure que la situation reste sous contrôle grâce aux mesures de riposte déployées sur le terrain, notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts et l’amélioration de la prise en charge des patients.
« Nous voulons nous assurer que tout ce qui doit être fait par un gouvernement est fait afin que nos populations ne soient pas seules », a déclaré le ministre de la Santé, Roger Kamba, réaffirmant l’engagement de l’État auprès des communautés affectées.
L’absence de vaccin reste un défi majeur
Contrairement à la souche Zaïre du virus Ebola, contre laquelle des vaccins existent déjà, la souche Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique.
Cette situation constitue l’un des principaux défis de la riposte. Les autorités congolaises travaillent en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé et plusieurs partenaires scientifiques afin d’accélérer les recherches et les essais cliniques en cours.
Dans l’intervalle, les stratégies classiques de lutte contre Ebola demeurent les principaux outils pour freiner la propagation du virus : identification rapide des cas, isolement des personnes infectées, suivi des contacts et sensibilisation des populations.
Plus de 3 600 contacts suivis
Selon les données présentées, plusieurs milliers de personnes ayant été en contact avec des cas confirmés font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire quotidien.
Des équipes médicales supplémentaires ont été déployées dans les zones affectées tandis que les capacités de diagnostic et de prise en charge continuent d’être renforcées.
Au cours de ce briefing, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur l’importance d’une communication responsable dans un contexte marqué par la circulation de nombreuses fausses informations.
Le porte-parole du gouvernement a invité la population à privilégier les informations provenant des sources officielles et à éviter la propagation de rumeurs susceptibles de compliquer le travail des équipes de riposte.
Pour les autorités, la lutte contre la désinformation constitue aujourd’hui un volet essentiel de la stratégie de réponse à l’épidémie.
Une expérience acquise au fil des précédentes épidémies

Forte de son expérience acquise lors des précédentes flambées d’Ebola, la RDC entend mobiliser tous les moyens nécessaires pour contenir cette nouvelle épidémie.
Le gouvernement se veut rassurant tout en appelant les populations à la vigilance, au respect des mesures sanitaires et à la collaboration avec les équipes de santé déployées sur le terrain.
Alors que la riposte se poursuit, les autorités espèrent ralentir la transmission du virus dans les semaines à venir et éviter son extension vers d’autres provinces du pays.
Ben Mandjolo


