L’appel à une journée « ville morte », lancé le mercredi 3 juin par une partie de l’opposition politique congolaise, a été diversement suivi dans les différentes communes de la capitale. Si plusieurs quartiers ont enregistré une baisse sensible des activités économiques et des déplacements, d’autres ont maintenu leur rythme habituel, traduisant une mobilisation inégale.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs axes routiers de Kinshasa ont affiché une circulation moins dense qu’à l’accoutumée.
Dans certaines communes de l’Est de la capitale, notamment Masina, Kimbanseke, Ndjili et Kisenso, de nombreux commerces sont restés fermés et les marchés ont fonctionné au ralenti.
Des habitants rencontrés sur place ont indiqué avoir choisi de rester à domicile, soit par adhésion au mot d’ordre de l’opposition, soit par mesure de prudence face aux incertitudes entourant cette journée de mobilisation. Les transports en commun ont également connu une fréquentation réduite dans plusieurs secteurs.
Dans les communes de Lemba, Matete, Ngaba et Kalamu, la situation est apparue plus nuancée. Certaines activités commerciales ont été maintenues, tandis que d’autres opérateurs économiques ont préféré suspendre temporairement leurs services. Plusieurs établissements scolaires ont signalé une faible présence des élèves durant la matinée.
À l’inverse, dans plusieurs quartiers de l’Ouest de la ville, notamment à Kintambo, Bandalungwa et dans certaines parties de Bumbu, les activités se sont déroulées presque normalement. Les véhicules de transport public ont continué à circuler et plusieurs commerces ont ouvert leurs portes dès les premières heures de la journée.
Dans la commune de Gombe, centre administratif et économique du pays, les administrations publiques, banques et entreprises privées ont poursuivi leurs activités. Les principaux boulevards sont restés fréquentés, même si une légère baisse du trafic a été observée par rapport à une journée ordinaire.
Les autorités avaient appelé la population à vaquer librement à ses occupations, assurant que les dispositifs sécuritaires nécessaires avaient été mis en place pour garantir le bon déroulement des activités.
De leur côté, les organisateurs de la journée « ville morte » ont estimé que l’opération constituait une démonstration de mécontentement populaire face à la situation politique du pays.
Au terme de cette journée, le constat général révèle une mobilisation inégale selon les communes. Si certains quartiers ont effectivement tourné au ralenti, Kinshasa n’a pas connu de paralysie totale.
La capitale a ainsi présenté le visage d’une ville partagée entre adhésion au mouvement, prudence et poursuite normale des activités.
Joëlle Luniongo


